POLITIQUE - Royal et Aubry au micro. Deux discours, deux visions. Et toujours autant de tractations. Résumé de la journée de samedi.
Deux femmes sur le devant de la scène, et leurs états-majors qui négocient en coulisses. Un samedi de discours à Reims au deuxième jour du congrès du PS.
Après 48 heures de tractations socialistes entre motions, la situation ne semble toujours pas plus claire, alors que s'ouvre cette nuit la fameuse "commission des résolutions" où les représentants de chaque motion sont censés batailler pour trouver un compromis, voire - miracle ! - une synthèse.
Royal et le plébiscite militant
Mais la synthèse, plus personne n'y croit déjà. Ségolène Royal, après un discours bourré de piques et de formules provocatrices à l'attention du "vieux parti" - allocution fortement sifflée par ses opposants - jure toujours "travailler à la convergence et à la levée des ambiguïtés".
La nouvelle technique de la candidate de la motion E est simple : l'appel aux militants pour trancher "chaque fois qu'il y a un problème de fond". Sur les alliances avec le centre, sur l'organisation du parti, puis sur le choix du Premier secrétaire jeudi prochain? Appel aux militants. Tous, de Bertrand Delanoë à Martine Aubry réclamaient un "parti de militants" et non de "supporteurs". Avec Royal, ils sont servis.
Aubry et la pression sur Hamon
Du côté du front anti-Royal, le jeu d'intox a battu son plein samedi. Toujours pas officiellement candidate, Martine Aubry a prononcé un discours très social et marqué à gauche, bruyamment applaudi par la salle. Ses partisans de la motion B affirment tous qu'un rapprochement avec la motion C de Benoît Hamon est quasiment signée, avec Martine candidate à la place de l'eurodéputé. Sauf que le clan Hamon ne tient pas le même discours, affirmant que le quadra "ira jusqu'au bout".
Delanoë, l'homme de la dernière minute
Reste donc la motion A de Bertrand Delanoë, potentiellement la plus friable entre jospinistes, rocardiens et hollandais. Dans un premier temps vendredi soir, le maire de Paris s'était dit près au rassemblement à condition que ni Hamon ni Aubry ne soient candidat, et que la-dite place soit réservée à un de ses proches type Moscovici ou Harlem Désir.
Des conditions qui n'auraient plus eu cours samedi dans la journée. "Bertrand ne pose plus d'interdiction, il veut juste que le candidat soit soutenu par toutes les motions A, B et C", confiait cet après-midi le fabiusien Claude Bartolone.
Patatras! Dans la soirée, le maire de Paris change du tout au tout et n'exclue plus d'être lui-même candidat. Au cours d'une réunion avec ses troupes avant "la nuit des résolutions", sa candidature aurait été défendue par François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Michel Sapin et Pierre Moscovici. "Si je peux être ce soir en votre nom le candidat du rassemblement..", aurait répondu Delanoë, aussitôt interrompu par de vifs applaudissements.
Résultat avant la réunion des résolutions : Royal candidate, Hamon candidat, Delanoë candidat, et Aubry sans doute candidate. On revient donc à la case départ, avec quatre motions quatre candidats.
A Reims, Bastien Bonnefous, Stéphane Colineau et Emile Josselin