Dans un bureau de vote lillois: «Je vote pour une personne plus que pour un texte»

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Publié le 6 novembre 2008.

PARTI SOCIALISTE - Ce n'est pas dans son fief que Martine Aubry, la patronne de la motion D, a du soucis à se faire. Le reportage de notre rédaction lilloise...

«Je suis venu voir notre chef», sourit André Gherdane, pendant que derrière lui, Martine Aubry dépose son bulletin dans l’urne. Dans le bureau de vote de son quartier, la maire PS de Lille est décontractée. Elle distribue des bises, en «attendant le verdict avec sérénité». Alors que ce jeudi soir, les militants socialistes votaient pour départager les six motions en lice pour le congrès de Reims le week-end prochain, ce n’est pas dans son fief que la patronne de la motion D a du souci à se faire. «Sa motion est intéressante: à gauche toute, comme la vraie identité du PS», soutient Jean-Marie Bouchez. Un virage jugé d’autant plus nécessaire par ce retraité «alors que se profilent la crise, les problèmes d’emploi, de logement…». Une situation proche selon lui de 1981: «A l’époque, l’inflation était à 17%, et la gauche se battait pour reprendre le pouvoir.»

Côté lillois, on a eu le temps de se familiariser avec la gouvernance Aubry en sept ans de mandat municipal. «Il faut la voir pendant un conseil municipal, raconte Jean-Marie Bouchez. C’est une femme qui a de l’autorité mais qui sait aussi dialoguer.» Même admiration chez Françoise Blondiau: «Elle fait beaucoup pour sa ville, avec poigne.» La militante a voté «pour une personne plus que pour un texte; parce qu’ils se ressemblent tous».

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Finalement, ils sont nombreux à trouver une raison de voter Aubry, quelle que soit leur sensibilité. Comme Guillaume Blanc, 26 ans dont dix de militantisme. Proche des idées de Benoît Hamon, il a pourtant donné sa voix à la dame du beffroi. «C’est la seule à mettre la question sociale au cœur de la réflexion», affirme cet ancien secrétaire général des Jeunes Socialistes, qui lui reconnaît aussi «tellement de caractère qu’elle remettra de l’ordre dans le parti». Chez Ahmed Saïdi, c’est plutôt le chauvinisme qui commande. «J’ai eu du mal à me décider, confesse-t-il. J’ai finalement préféré voter pour la camarade lilloise.» Et pourtant, il confie admirer «la forte personnalité et la maturité politique de Bertrand Delanoë», allant jusqu’à le qualifier de «Barack Obama français».

A Lille, Camille Robert
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