Nicolas Sarkozy s'est contenté «de faire du Sarkozy»

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Publié le 26 septembre 2008.

REVUE DE PRESSE - La presse française se montrait critique ce vendredi après le discours du Président à Toulon...

La presse française se montrait critique ce vendredi après le discours de Nicolas Sarkozy à Toulon la veille, en notant que le Président profite de la crise pour vanter sa politique de réformes sans annoncer de solution.

Jacques Camus de la «République du Centre» résume le sentiment général: «Il ne lui restait donc plus qu'à “faire du Sarkozy”, au risque de créer une déception à la mesure de l'attente. C'est ce qui s'est passé dans le Var, et il ne pouvait en aller autrement. Nicolas Sarkozy a beaucoup plus dénoncé qu'il n'a annoncé quoi que ce soit».

«Sa réaction est avant tout verbale»

Laurent Joffrin de «Libération» pense également que «la réaction sarkozienne à la crise financière est avant tout verbale» et regrette que «président de l’Europe, Nicolas Sarkozy ne prévoit pas d’action européenne». L'éditorialiste du quotidien qui fait sa une sur Sarkozy «Notre sauveur» estime qu'«éloquent pour dénoncer l’argent fou, il n’annonce aucune mesure concrète pour le maîtriser» et juge que «son discours résonne bien, mais c’est parce qu’il est souvent creux».

Dans «La Tribune», Philippe Mabille prévoit que Nicolas Sarkozy «a érigé hier la crise du capitalisme à un niveau tel qu'il va pouvoir donner libre cours, dans les mois qui viennent, à ses penchants interventionnistes».

«Fidèle à sa stratégie du mouvement perpétuel»

Jean-Francis Pécresse des «Echos» est sur la même longueur d'ondes: «S'il doit renoncer à ses ambitions initiales, il n'entend pas un instant, fidèle à sa stratégie du mouvement perpétuel, faire son deuil de ses réformes, au premier rang desquelles celle de la taxe professionnelle.»

Jean-Paul Piérot dans «L'Humanité» cite Nicolas Sarkozy: «L'Europe doit agir, dit-il.» Et l'éditorialiste de demander : «Mais n'est-ce pas lui qui a imposé à la France la ratification, sans référendum, du traité de Lisbonne qui consacre la concurrence sans contrainte, la liberté totale des mouvements de capitaux (donc de la spéculation) et l'indépendance de la Banque centrale européenne vis-à-vis de la souveraineté populaire?»

«C'est le choix du non-choix»

Jean-Marcel Bouguereau («La République des Pyrénées») estime que «Sarkozy fait dans le bien connu Ni Ni. Ni rigueur, ni relance. Sous ses allures volontaristes, c'est le choix du non-choix.»

Enfin, Etienne Mougeotte dans «Le Figaro» se lance dans une ode à Nicolas Sarkozy. «Sans remettre en cause sa volonté d'accélérer les réformes, son refus d'augmenter les impôts, son désir de diminuer le poids de l'Etat, son souhait d'installer le développement durable, le chef de l'Etat dit non au laisser-faire et à la loi de la jungle.»
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