Le ministre de l'Education Xavier Darcos a parié jeudi sur une rentrée scolaire tranquille, en dépit des nombreuses réformes du primaire et des suppressions de postes dans le secondaire, défendant une école "nouvelle génération" à ses yeux "plus juste" et "où progressent les libertés".
Le ministre de l'Education Xavier Darcos a parié jeudi sur une rentrée scolaire tranquille, en dépit des nombreuses réformes du primaire et des suppressions de postes dans le secondaire, défendant une école "nouvelle génération" à ses yeux "plus juste" et "où progressent les libertés". - Pierre Verdy AFP

En pleine rentrée scolaire, Xavier Darcos fait beaucoup parler de lui… mais sur d’autres sujets. Roi des effets d'annonces, le ministre aura annoncé en l'espace de deux jours la mise en place de médailles pour les bacheliers et confirmé la création d'un «code de la paix scolaire».

Balayez «l'écran de fumée», pestent les syndicats. «Ce sont des effets d'annonce un peu superficiels qui visent à masquer les difficultés budgétaires et la difficulté d'appliquer la réforme des programmes du primaire en cette période de rentrée», estime Gilles Moindrot, secrétaire général de la SNUipp, syndicat majoritaire des enseignants de primaire.

Lors d'un chat sur 20minutes.fr le 1er septembre, Xavier Darcos nous avait réservé pas moins de 3 annonces: sa volonté de rendre les bacheliers bilingues, la suppression du samedi au collège et la création d'un «code de la paix scolaire». Cette dernière annonce étant passée inaperçue, le ministre l'a ressortie lundi sur France-Info.

«Même si la question n'est pas de premier plan»


Les annonces répétées de Xavier Darcos compliquent le travail des syndicats qui peinent à mobiliser pour protester contre les mesures appliquées lors de cette rentrée scolaire. Une grande manifestation nationale est prévue à Paris le 19 octobre. Mais en attendant, Gilles Moindrot reconnaît que les syndicats ont des dificultés à «diriger l'opinion publique vers les questions de fond».

Les fameuses «médailles» de Xavier Darcos occupent en effet l'espace. Du côté du ministère, on assume: «Si on peut créer le débat, même si la question n'est pas de premier plan, cela permet de ne plus parler de la réforme du primaire qui se passe bien sur le terrain», déclare à 20minutes.fr un conseiller de Darcos. «C'est gros comme une maison, réplique Florian Lecoultre, du syndicat lycéen UNL. Darcos masque le fond avec de la pure forme car son état de grâce est fini».

Un classique de Nicolas Sarkozy

Le ministère de l'Education conteste le terme d'«effets d'annonce» et assure que les fameuses «médailles» sont arrivées fortuitement dans le débat public. Xavier Darcos, nous explique t-on, n'a fait que répondre à une demande d'interview du «Parisien» qui consacrait sa Une de dimanche, «en l’absence de grosse actualité», au grand retour des récompenses scolaires.

Xavier Darcos, qui déclare en privé vouloir «incarner le sarkozysme», est donc un très bon élève en la matière. La stratégie de l'écran de fumée est un grand classique de Nicolas Sarkozy qui avait, par exemple, annoncé son divorce avec Cécilia le jour d'une grande grève dans les transports.

Darcos meilleur que ses copains


Et à ceux qui douteraient de l'application de l'élève Darcos, l'entourage du ministre en remet une couche: «On ne peut pas nier que depuis un an et demi, on est très présent médiatiquement. On occupe simplement l'espace médiatique laissé libre par les autres ministères».

En clair, l'espace laissé par les mauvais élèves du sarkozysme. Ceux qui ne sont pas invités au «G7» des ministres les plus politiques, le rendez-vous hebdomadaire autour du Président qu'affectionne Xavier Darcos.

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