PS - Le maire de Paris a réuni ses soutiens dans une faculté de La Rochelle vendredi soir...
La Rochelle, envoyé spécial
La salle était comble – pas loin de 700 personnes – et la chaleur étouffante. Bertrand Delanoë a réuni vendredi soir ses militants et ses soutiens dans l’amphithéâtre de la faculté de langues de La Rochelle, en marge de l’université d’été du PS. Objectif: faire une démonstration à trois mois du congrès de Reims, des forces du maire de Paris,
favori des sondages pour succéder à François Hollande comme Premier secrétaire du PS.
En guest star dans l’amphi, l’ancien prof et Premier ministre Lionel Jospin – qui a eu droit à une standing ovation à sa arrivée – Michel Rocard, très applaudi mais sans standing ovation, ainsi que la plupart de l’ex-garde jospiniste (Annick Lepetit, Pierre Shapira, Daniel Vaillant, Claude Estier, Kader Arif…).
«Clairement à gauche»
En chauffeur de salle, Harlem Désir, un des premiers lieutenants de Delanoë pour la bataille de Reims, a tenu à égrener la longue liste de maires de province présents et qui soutiennent la candidature de leur «camarade» de Paris. «On peut faire plus parisien comme courant», a ironisé le député européen, en réponse à la critique souvent faite du parisianisme bon teint du candidat Delanoë.
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Désir a souhaité que Reims soit «un congrès utile qui débouche sur une clarification et sur un leader». Conscient que Delanoë seul, bien que populaire, n’est pas sûr de l’emporter dans trois mois, il a appelé à «élargir» leur courant, mais «dans la clarté». Un appel direct à Pierre Moscovici notamment, qui jusqu’à présent, refuse toujours de rallier le «présidentiable» Delanoë. Mais il a aussi exigé que le PS développe à l’avenir «une stratégie d’alliance clairement à gauche». Une pierre dans le jardin de Ségolène Royal, favorable à des alliances vers le centre.
«Et en 2012»
La salle prit ensuite la parole, au risque parfois de dépasser la pensée delanoïste. Jusqu’à présent, le «présidentiable» Delanoë s’est bien gardé de parler d’une quelconque ambition pour 2012. Au contraire, le maire de Paris n’a cessé de répéter depuis sa déclaration de candidature qu’il ne pensait qu’au PS et uniquement au PS.
Ses soutiens ne l’entendent pas de la même oreille. Plusieurs, micro en main, ont appelé à la victoire de «Bertrand» à Reims «et en 2012». «Les militants veulent un chef capable de faire taire la polyphonie socialiste et de retrouver une voix forte», a expliqué un élu local. Pas bête, les intervenants avaient été minutieusement choisis: un ex-fabiusien, un strauss-kahnien, une ex-ségoliste… La preuve que Delanoë est d’ores et déjà capable de réunir au-delà de son camp et de faire synthèse.
A La Rochelle, Bastien Bonnefous