«Les vidéos politiques, c'est comme découvrir le secret du magicien»

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Publié le 4 août 2008.

INTERVIEW - Rémi Douine, spécialiste des vidéos en ligne, commente notre classement des vidéos buzz politiques...

Rémi Douine, qui a développé pour 20minutes.fr le vidéomètre des municipales, est créateur de la société Metrics Factory, qui développe un outil de mesure d'audience des vidéos en ligne. Spécialiste de ces contenus, il commente notre classement des vidéos buzz politiques.


Pourquoi ces vidéos connaissent un tel succès sur l’Internet?
Il y a un attrait pour le hors-scène, ce qu'on appelle en politique le «off». Ces vidéos dévoilent souvent ce qu'on n'a pas voulu montrer à la télévision, ce qui revient à découvrir le secret du magicien. Pour qu'une séquence connaisse un vrai succès sur l’Internet, il faut la conjoncture de deux facteurs: la vidéo doit posséder un fort potentiel de viralité (en étant amusante et/ou interpellante) et susciter l'intérêt des médias.

Quelle est la première vidéo politique qui ait vraiment «buzzée» sur le Web?
Le tournant, c'est la vidéo «off» de Ségolène Royal sur les profs et les 35h. Avant, il n'y avait qu'un phénomène de bouche-à-oreille entre internautes. La vidéo de Ségolène Royal a été reprise immédiatement par les médias car les journalistes ont été mis au courant par mail. Cela entrait dans le cadre une campagne de déstabilisation contre la candidate à l'investiture PS. Mais la vidéo est devenue une information, ce qui a changé le rapport des médias à ce genre de contenu. Le matériel vidéo communautaire est devenu un morceau d'information, notamment pour les sites Internet comme 20minutes.fr.

Notre classement des «vidéos buzz» place Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal en tête. Ce n'est pas une surprise…
Effectivement, une campagne présidentielle est génératrice de vidéos. Il y a une forte mobilisation partisane. Les militants enregistrent de nombreux extraits télé qu'ils diffusent tel quel ou sous forme de montages sur YouTube et DailyMotion. Ils mettent des vidéos en ligne comme avant, ils collaient des affiches. Il faut remarquer que la campagne municipale a elle aussi générée des vidéos qui ont bien marché sur le Web. On a vu apparaître des bourdes au niveau hyperlocal parce qu'il y avait de l'enjeu. Comme le «Ta gueule, va te faire foutre pétasse» du maire de Nice, Jacques Peyrat.

Juste derrière les duettistes de la campagne présidentielle, trois ministres se distinguent, Bernard Kouchner, Rachida Dati et Rama Yade. Trois symboles de l'«ouverture» de ce gouvernement…
Ce sont des personnalités qui cristallisent des animosités, de part ce qu'elles représentent dans le gouvernement. Font-ils plus de bourdes ou sont-ils juste plus exposées que les autres? On ne sait pas répondre à cette question. Bernard Laporte, dont on pouvait attendre des bourdes, est peu présent sur les plateformes de vidéos en ligne. Certainement parce qu'il est moins exposé médiatiquement.

Comment expliquer que le «Petit Journal» de Canal + soit aussi présent dans notre classement avec de très nombreuses séquences?

Suivant l'exemple du «Casse toi pauvre con» de Nicolas Sarkozy qui a dopé l'audience du parisien.fr, on aurait pu s'imaginer que les sites d'informations embauchent des équipes pour suivre quotidiennement les politiques et guetter leurs bourdes. Mais finalement, on se rend compte que seule la télévision, avec le «Petit Journal», a les moyens économiques d'envoyer une caméra lors de chaque déplacement d'un politique.
Propos recueillis par Vincent Glad
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