REVUE DE PRESSE - La réforme de la Constitution est «une victoire» pour Nicolas Sarkozy, même si elle s'avère «étriquée»...
La réforme de la Constitution, adoptée «au forceps» lundi par une seule voix d'avance, représente aux yeux de la presse française «une victoire» pour Nicolas Sarkozy, même si elle s'avère «étriquée».
«Au-delà de l'aspect institutionnel, le vote de Versailles, même s'il fut incroyablement serré, marque une incontestable victoire psychologique pour Nicolas Sarkozy»,
affirme sans ambages Paul-Henri du Limbert dans «Le Figaro», qui y voit «un encouragement à poursuivre la modernisation» de la France.
«Poker gagnant»
Même son de cloche dans «L'Union», où l'on peut lire que Nicolas Sarkozy «n'a pas renoncé et a pris le risque d'être désavoué. Sa ténacité a été récompensée. C'est un poker gagnant». Pour Hervé Cannet, dans «La Nouvelle République du Centre ouest», «c'est une victoire, aux forceps, certes, mais capitale pour le président de la République, qui a porté ce projet, mouillant la chemise pour qu'il aboutisse».
Daniel Ruiz, dans «La Montagne», rappelle quant à lui que «Nicolas Sarkozy a gagné d'un cheveu. Le cheveu de Lang, unique socialiste à ne pas avoir suivi la consigne de vote».
Et «Ouest-France», sous la plume de Michel Urvoy, de résumer: «Une victoire arithmétiquement étriquée, mais une victoire quand même».
«Une position dogmatique peu adaptée à la situation»
Pour les socialistes, le vote est un échec, pour nombre d'éditorialistes à l'instar de Laurent Joffrin, qui
se demande, dans «Libération», «quel besoin avait-on d’offrir ce cadeau à un président qui court après les résultats et que l’opinion tient en piètre estime? Pourquoi, sinon sur la base d’un raisonnement à courte vue, se transformer en opposant de Pavlov qui dit blanc quand Sarkozy dit noir, et noir quand il dit blanc, y compris sur les mêmes sujets?»
Roger Antech, dans «Nice Matin», pense que les socialistes «ont simplement oublié qu'une Constitution n'est pas un costume taillé sur mesure pour le Président en place, qu'il habille aussi bien ses successeurs», tandis que pour Gérard Noël, dans «La Liberté de l'Est», l'opposition «s'est installée dans cette affaire sur une position dogmatique peu adaptée à la situation».
«Il en aura fallu des chantages, des menaces»
Le contenu de la réforme ne fait pas l'unanimité.
Pour François Ernenwein dans «La Croix», si le texte est «fidèle à l'esprit du rapport rendu» par Edouard Balladur,«il l'est beaucoup moins à la lettre», «oublieux de quelques audaces des sages (...) qui auraient mieux marqué l'avancée.»
Enfin, «L'Humanité», sous la plume de Patrick Apel-Muller, s'en prend aux conditions du vote et assure qu'«il en aura fallu des chantages, des menaces, des cadeaux en tous genres pour convaincre la quasi-totalité des parlementaires de droite de se coucher et à un quarteron de radicaux flanqué de Jack Lang de déserter sur la ligne de front.»
Avec agence