POLITIQUE - La réforme des institutions est passé avec une marge réduite d'une voix...
La marge était plus serrée que prévue. Alors que
les dernières rumeurs parlementaires annonçaient que la réforme des institutions allait passer avec un matelas de 5 à 10 voix, le Congrès réuni à Versailles a poussé
un grand «oh» de surprise en apprenant que le texte était adopté avec 539 voix «pour», soit juste une de plus que la majorité des 3/5e requise.
Cette marge étriquée a fait se tourner tous les regards vers
Jack Lang, seul socialiste à avoir voté «pour» la réforme. Dans les travées du Congrès, de nombreux parlementaires PS
pestaient contre le député du Pas-de-Calais, dont le vote n'a pourtant pas été décisif. Le texte serait quand même passé s'il s'était prononcé «contre» comme ses camarades socialistes.
Des sanctions pour Jack Lang?
La camaraderie n'était pas au menu des réactions des cadors du parti. Ségolène Royal a cité François Miterrand pour dézinguer son ancien conseiller pendant la campagne présidentielle: «Sur le chemin de la trahison, il n'y a que le fleuve de la honte à traverser». Henri Emmanuelli a fait lui aussi appel à un ancien Président: «Le général de Gaulle disait que la vieillesse est un naufrage, je regrette que Jack Lang nous en fasse la démonstration».
De son côté, François Hollande a estimé que Jack Lang «a pris une grande responsabilité. Ce n'est pas lui qui a fait passer la réforme, mais il s'est quand même placé depuis plusieurs mois dans une position qui n'était pas celle de son parti». Interrogé sur de possibles sanctions, le premier secrétaire du PS a déclaré, sibyllin, que l'ex-ministre de la Culture «doit maintenant prendre conscience de ce qu'il a fait et en tirer toutes les conclusions sur le plan moral».
>> «Jack Lang n'est plus socialiste», lire le post de Marc Vasseur, notre blogueur socialiste...
Très discret dans les couloirs du Congrès lundi, Jack Lang a réagi par voix de communiqué de presse dans la soirée. Le député du Pas-de-Calais a maintenu que la réforme des institutions renforçait «les droits du Parlement, des citoyens et de l'opposition», tout en déclarant rester «plus que jamais un opposant déterminé à la politique de régression sociale du gouvernement».
L'ouverture a fonctionné mieux que prévu
«De toutes mes forces, je continuerai à me battre, sur tous les fronts, pour faire obstacle au projet dangereux et néfaste de cette majorité», a-t-il encore déclaré. La position de Jack Lang s'explique aussi par sa présence dans
le comité Balladur qui était chargé de réfléchir au rééquilibrage des institutions, et dont les recommandations sont à l'origine de la réforme votée lundi.
La présence de l'ex-ministre de la Culture dans la mission dirigée par Edouard Balladur avait créée la polémique à gauche, à une époque où
Nicolas Sarkozy multipliait les «prises» de choix dans sa politique d'ouverture. Une stratégie qui visait à diviser le Parti socialiste. Avec Jack Lang, l'ouverture a certainement fonctionné mieux que prévu.
Selon vous, Jack Lang a t-il commis une faute? Si oui, est-ce plutôt d'avoir participé à la commission Balladur ou d'avoir voté «pour» la réforme?
Vincent Glad