INSTITUTIONS - Le Parti socialiste n'est pas tendre non plus avec Jack Lang...
Après
l’approbation à une voix près de la réforme de la Constitution au Congrès de Versailles, l’opposition a contre-attaqué en mettant en avant la marge étriquée avec laquelle le texte a été voté. Pour François Hollande, «le perdant, c'est Nicolas Sarkozy». Il «avait imaginé une réforme avec une large majorité et il se trouve aujourd'hui avec une réforme adoptée à une voix en plus du résultat requis», a t-il affirmé sur France 3.
Autre son de cloche pour Nicolas Sarkozy, qui avait salué plus tôt depuis l'Irlande, «une victoire pour la démocratie française». «Je veux dire aux Français qu'une fois de plus le camp du mouvement, du changement, de la modernité l'a emporté sur le camp de l'immobilisme, de la rigidité et du sectarisme», a déclaré le président devant la presse.
Royal et la «trahison» de Lang
Les socialistes ne sont pas tendres non plus avec Jack Lang, seul socialiste à avoir voté «pour» la réforme. Ségolène Royal a durement critiqué la «trahison» du député du Pas-de-Calais, pourtant son ancien conseiller pendant la campagne présidentielle. Selon François Hollande, Jack Lang a «une responsabilité» dans ce résultat. «Nous avons à la faire valoir», a-t-il dit, sans plus de précision.
De son côté, Bertrand Delanoë a jugé que Nicolas Sarkozy «sera peut-être tenté d’interpréter [ce vote] comme un succès personnel» mais que ce n'était «assurément pas» un succès pour la démocratie. Le maire de Paris dénonce «une logique partisane à courte vue, destinée essentiellement à accroître son propre pouvoir et à servir les intérêts de l’UMP», a-t-il regretté.
Du côté des autres partis
Le Parti radical de gauche, critiqué par le PS pour son soutien au texte,
a réagi en expliquant que «ce vote apporte la preuve supplémentaire que des majorités de projets ou d'idées sont possibles dans notre pays sur quelques grands sujets d'intérêt national sans pour autant renier l'identité ou les convictions de chacun».
Le Parti communiste français a estimé lundi qu'avec l'adoption de la réforme des institutions par le Congrès de Versailles, «l'hyperprésidentialisation franchit une nouvelle étape». François Bayrou, président du MoDem, a estimé pour sa part que l'adoption du projet constitutionnel par le Congrès avec une seule voix d'avance avait montré «l'absence de soutien» pour cette réforme. Il a également dénoncé les «marchandages, de menaces, de promesses et de battage».
Pour le président du Nouveau Centre, Hervé Morin, la Ve République entre «dans une nouvelle phase de son existence», après le vote de la réforme des institutions par le Parlement à Versailles. «Cette réforme, c'est la nôtre, celle portée par la famille centriste depuis des décennies».
Enfin, pour Jean-Marie Le Pen, cette «mauvaise réforme qui n'ouvre la voie à aucun progrès de la démocratie (...) ne peut surtout masquer le fait que notre Constitution n'est plus qu'une charte régionale, subordonnée aux institutions du super-Etat européen».
V.Z. et 20minutes.fr