L'UMP tire en groupe contre Ségolène Royal

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Publié le 11 juillet 2008.

POLITIQUE — «Ce sont les mêmes méthodes de communication que pour vendre l’album de Carla Bruni», estime la députée PS Aurélie Filipetti…

C’est un concours de bons mots, une avalanche de petites phrases qui s’est abattue sur Ségolène Royal en 48h. Depuis qu’elle a établi mardi sur France 2 «un rapport» entre la fouille de son appartement cambriolé et son accusation de «mainmise du clan Sarkozy sur la France», l’ex-candidate socialiste est la cible d’un tir groupé de l’UMP.

Florilège des petites phrases:
  • «Mme Royal perd le contrôle d’elle-même», François Fillon, Premier ministre
  • «Mme Royal devrait avoir droit à une aide psychologique», Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP
  • «Je trouve que Ségolène Royal, ça devient un peu de plus en plus "Les Malheurs de Sophie"», Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi
  • «Il s’agit d’une personnalité politique fragile, et donc ce n’est pas de mon point de vue une personne de premier rang», Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre
  • «Décidément Mme Royal se trompe de voie: ce n’est pas en passant par les égouts qu’elle parviendra à l’Elysée!», Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille.

Une telle unanimité ne doit rien au hasard, c’est tout du moins ce que croit Aurélie Filipetti, députée PS de Moselle et proche de Ségolène Royal: «Tout cela est programmé: c’est une stratégie de communication de tir groupé pour décrédibiliser Ségolène Royal. La cellule de communication autour de Pierre Charon à l’Elysée utilise les mêmes méthodes pour s’attaquer à elle ou vendre le dernier album de Carla Bruni», déclare t-elle à 20minutes.fr.

«C’est une opposante qui me va très bien»

Auto-proclamé spécialiste de Ségolène Royal, Dominique Paillé, ancien député UMP des Deux-Sèvres, plaide au contraire l’indignation généralisée: «On a tous été scandalisé, c’est une réaction spontanée. D’autant que ses propos sur le cambriolage étaient précédés de déclarations indignes sur Ingrid Betancourt: elle persiste et signe», explique t-il à 20minutes.fr.

Le nombre de réactions indignées des membres de l’UMP montre toute l’attention portée à l’ex-candidate à la présidentielle. Nicolas Sarkozy en ferait son adversaire préférée: «Surtout qu’on me la garde et qu’on ne la change pas. C’est une opposante qui me va très bien», confiait le président de la République en marge d’un déplacement à l’étranger, d’après «Libération».

La méthode Hillary


Aurélie Filipetti réfute cette interprétation: «Sous-entendre que c’est l’opposante préférée de Nicolas Sarkozy en vue d’une réélection en 2012, ce n’est qu’une stratégie de communication. Hillary Clinton avait utilisé cette méthode contre Barack Obama en décrétant qu’il était l’opposant préféré de John McCain. Avec le succès que l’on sait».
Vincent Glad
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