POLITIQUE - C’est la première étape de la création du Nouveau parti anticapitaliste (NPA)...
C’est la première étape de la création du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Ce week-end, environ 700 délégués - militants de la Ligue communiste révolutionnaire et non encartés - se réunissent à Saint-Denis pour une première rencontre nationale des 300 comités qui se sont constitués depuis plusieurs mois. Décryptage de l’événement.
Qu’est-ce que le Nouveau parti anticapitaliste (NPA)?
Après les 4% d’Olivier Besancenot à la présidentielle, la LCR a décidé de fonder une nouvelle structure afin de s’élargir. Cette démarche d’unité de «la gauche de la gauche» a commencé en 2007, lorsque la LCR, Lutte ouvrière, José Bové et le PCF avaient tenté de présenter une candidature commune.
Quel objectif pour ce week-end ?
Fonder le nouveau parti en janvier 2009, dans la perspective des élections européennes.
>> A venir samedi, un gros plan sur le phénomène Besancenot.
Qui d’autre que la LCR va participer?
Lutte ouvrière a refusé de se fondre dans ce nouveau parti. Le Parti des travailleurs, un autre membre de la famille trotskiste, a suivi la même méthode que la LCR:
il s’est dissous et a crée une nouvelle formation, le Parti ouvrier indépendant. Alors ce nouveau parti est-il une LCR bis, comme le lui reprochent certains?
«Les délégués représentent quelque 9.000 personnes qui se sont engagées dans ce processus. C'est trois fois la surface de la LCR qui regroupe avec la JCR (organisation de jeunesse) 3.500 militants», revendique Pierre-François Grond, l'un des dirigeants de la LCR.
Le gros des troupes vient de la région parisienne (le quart), des Bouches-du-Rhône, de Bretagne, de Haute-Garonne. Reste à savoir quelle sera effectivement la part des nouveaux entrants.
Ce parti peut-il affaiblir le PS?
Le parti de Besancenot se veut «indépendant de la direction du PS», selon l’ancien candidat à la présidentielle, qui précise qu’il «se bat contre la droite».
Tout en observant, dans une interview au Figaro que «le PS n'a pas eu besoin de nous pour se planter!» Le PS ne s’y est d’ailleurs pas trompé: il a constitué un groupe de travail pour contrer l’ascension d’Olivier Besancenot: aux côtés de Daniel Vaillant, on retrouve les ex-trotskistes Jean-Christophe Cambadélis et Henri Weber.
La droite pousse-t-elle ce parti pour asseoir son assise électorale?
«C'est évident qu'ils sont complices d'une opération politique, un peu comme François Mitterrand avec Jean-Marie Le Pen dans les années 80, observe le politologue Dominique Reynié. L'extrême gauche ne va bien que quand la gauche va mal, ajoute-t-il. Besancenot le sait et espère, comme Nicolas Sarkozy, profiter des divisions du PS.» Un diagnostic partagé du côté du PS. Pour Julien Dray, l’UMP voit dans la LCR «son partenaire privilégié dans la confrontation avec la gauche»,
dans un discours lors de l’adoption de la nouvelle déclaration de principes du PS.
E.J.