DEFENSE – Les armées n'avait pas connu une telle réforme depuis la professionnalisation...
C'est une cure d'amaigrissement des armées d'une ampleur sans précédent depuis 1996 qui est promise par
le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale. Ce texte très attendu, qui a filtré lundi, fixe de nouvelles priorités stratégiques pour la France en mettant notamment l'accent sur le renseignement.
L'annonce de ces mesures par le chef de l'Etat, chef des armées, prendra mardi l'allure d'une grand-messe: plus de 3.000 militaires, gendarmes, policiers et responsables de la sécurité civile réunis Porte de Versailles à Paris.
Suppression de 54.000 postes
Au-delà du decorum, ce Livre blanc, premier du genre depuis 14 ans et premier à associer défense et sécurité, promet de bouleverser ce domaine. A commencer par la suppression de 54.000 des 320.000 postes civils et militaires de la défense dans les 6 ou 7 prochaines années, la fourchette haute des réductions d'effectifs envisagées depuis quelques mois par le ministre Hervé Morin.
Les armées proprement dites verront leurs effectifs fondre de 271.000 à 224.000 personnes (-47.000) avec, en première ligne l'armée de l'air (-24%), suivie de l'armée de terre (-17%) et de la marine (-11%). Le reste des réductions d'effectifs affectera la Délégation générale pour l'armement et le Secrétariat général de l'administration.
La plus grosse réforme depuis 1996
Un choc sans précédent depuis que Jacques Chirac avait engagé la professionalisation des armées en février 1996. Ces bouleversements en annoncent d'autres début juillet avec une nouvelle «carte militaire» qui devrait voir une cinquantaine de communes perdre toute présence de la défense sur leur territoire.
Ils résultent d'une actualisation des menaces, sous le sceau de la mondialisation. Le monde n'est pas nécessairement plus dangereux qu'en 1994, constate le Livre blanc, mais il est devenu plus instable et plus imprévisible. Si le risque d'un conflit majeur en Europe s'est estompé, le catalogue des menaces qu'il dresse s'est enrichi, d'autant qu'il traite désormais aussi de sécurité: cyber-attaques, terrorisme, pandémies, crises sanitaires ou catastrophes climatiques.
377 milliards d'euros d'ici à 2020
De la même manière, le centre de gravité de la présence militaire française à l'étranger devrait se déplacer de l'Afrique noire vers un arc de crise allant de l'Atlantique à la Méditerranée, au Golfe et à l'océan Indien. Ce mouvement se traduira par la fermeture de bases françaises à l'étranger dont la liste n'est pas arrêtée.
Pour faire face à cette nouvelle donne, le Livre blanc estime à 377 milliards d'euros les crédits qui devront être alloués à la défense d'ici à 2020. Augmentant au rythme de l'inflation jusqu'en 2011, ils progresseraient de 1% au-delà de l'inflation à partir de 2012.
V.G. (Avec agence)