POLITIQUE – Les commerçants sont inquiets de l’assouplissement des conditions d’ouverture des grandes surfaces...
François Fillon fait le service après-vente. En visite à Nancy ce vendredi, le Premier ministre a tenté de rassurer le petit commerce inquiet du
projet de lui de modernisation de l’économie (LME) qui promet de développer les grandes surfaces au nom du pouvoir d’achat.
Si les prix sont parfois «20% plus élevés que dans les autres pays européens», c'est parce que «plus de 85% des zones de chalandise sont considérées comme non-concurrentielles», a-t-il déclaré pour justifier la LME. «Il n'y a pas d'antinomie entre le développement de la concurrence et le développement du petit commerce».
Des «appels à projets thématiques» pour sauver le petit commerce?
François Fillon a souligné que cette loi atténuait aussi, pour le patron, l'effet financier du passage des seuils de 10 et 20 salariés. Les petites entreprises devraient aussi bénéficier de la réduction à 60 jours des délais de paiement, d'un dispositif modérant la hausse des baux commerciaux, ou d'une transmission facilitée.
L'unique annonce de son déplacement a été le lancement d'«appels à projets thématiques» pour développer le commerce de proximité. «Il s'agira de susciter et d'appuyer partout en France des projets innovants avec les élus et les commerçants de proximité», a développé le Premier ministre, pour qui «l'innovation n'est pas réservée aux start-ups».
Les maires ne doivent pas «décider des conditions de la concurrence»
Ce plan, qui doit «compléter les mesures transversales» de la LME, serait financé par le Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce (Fisac), a précisé l'entourage du chef du gouvernement. La LME prévoit justement une augmentation de l'enveloppe du Fisac, qui serait porté à 100 millions d'euros.
Le gouvernement et la majorité UMP étaient parvenus lundi à un compromis sur les règles d'implantation des grandes surfaces, renforçant le pouvoir des maires par rapport au projet initial. Pas question pour autant, a fermement rappelé vendredi Fillon, que les édiles puissent «décider des conditions de la concurrence», autrement dit bloquer l'installation des grandes surfaces.
Avec agence