POLITIQUE – Le Président se veut toujours le défenseur du «pouvoir d’achat»...
Plus d’un an après une élection gagnée notamment sur le thème du «pouvoir d’achat» et de la France qui travaille, les questions économiques et sociales continuent de dominer le discours de Nicolas Sarkozy.
La Président a commencé sa journée très tôt en rejoignant dès 5 heures du matin les allées du marché aux halles de Rungis puis
les studios de RTL. Accompagné de son épouse Carla Bruni-Sarkozy, le Président a salué les fromagers, les bouchers et autres fleuristes, cette «France qui se lève tôt» qu’il prenait en exemple pendant sa campagne présidentielle. Deux heures plus tard, le chef de l'Etat a lancé sur les ondes quelques nouvelles idées pour aider les Français en difficulté et tenter d’améliorer un bilan économique jugé sévèrement par les Français.
«Le courage de dire aux Français»
Nicolas Sarkozy a convenu qu'il fallait «le courage de dire aux Français» que la hausse vertigineuse des prix du pétrole allait se poursuivre. Le Président souhaite donc créer un fonds sur lequel seraient versées les recettes supplémentaires de TVA générées par la hausse des prix du brut, qu'il a estimées de «150 à 170 millions d'euros par trimestre». Ce fonds pourrait servir à faire passer la prime à la cuve de 150 à 200 euros ou à l'instauration d'un tarif social du gaz, a-t-il lancé.
Nicolas Sarkozy a également posé à ses partenaires européens la question d'une éventuelle suspension, à partir d'un certain niveau de prix, de la TVA sur le pétrole. «Pour décider, il faut l'unanimité, donc il n'est pas question de le promettre», a-t-il toutefois prévenu.
Une prudence salutaire, Bruxelles ayant immédiatement critiqué la proposition du Président français. Nicolas Sarkozy compte solliciter également la Commission européenne pour proposer une baisse à 5,5% de la TVA dans 3 secteurs: les immeubles à «haute qualité environnementale», la restauration et les disques.
Pas d’augmentation de la redevance
Sur les questions sociales, le président a également exclu «définitivement» la suppression de la durée hebdomadaire du travail, pourtant réclamée dans les rangs de l'UMP, et a balayé d'un même revers de main la suggestion du Medef de report de l'âge légal du départ à la retraite à 63 ans et demi. «Il ne faut pas trop demander à un pays», a-t-il estimé.
Le chef de l'Etat a balayé l'éventualité d'une augmentation, même modeste, de la redevance. «Je me suis engagé toujours à ce qu'il n'y ait pas d'augmentation de la redevance». La petite phrase complique la tâche de la Commission Copé chargée de trouver des financements pour le service public bientôt privé de publicité.
Les derniers chiffres de la croissance et de l'emploi à l'appui, le président a profité de son passage sur RTL pour vanter à nouveau les effets bénéfiques de ses réformes sur les heures supplémentaires, la concurrence et la participation ou l'intéressement.
>> Relire notre live de l'intervention de Nicolas Sarkozy sur RTL mardi matin...
Et contribuez au débat sur «l'hyperprésidence»
V.G. (avec agence)