INSTITUTIONS - La gauche réclamait l'abrogation de l'article 16, les députés instaurent une saisine du Conseil constitutionnel...
L'Assemblée nationale a modifié lundi, dans le cadre de l'examen du
projet de loi sur la réforme des institutions, l'article 16 de la
Constitution, qui accorde les pleins pouvoirs au président de la République, pour mieux en encadrer l'application. La gauche (PS, PCF, Verts), qui réclamait l'abrogation pure et simple de cette disposition, a voté contre.
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Cet article accorde au chef de l'Etat des pouvoirs exceptionnels lorsque les «institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité de son territoire (...) sont menacés d'un manière grave et immédiate». Actuellement, la seule condition posée est que le Président doit en informer la Nation par un «message».
Saisine du Conseil constitutionnel
Les députés ont entériné une disposition du projet de loi constitutionnelle prévoyant la possibilité de saisine du Conseil constitutionnel, après 30 jours d'exercice des pouvoirs exceptionnels, par les présidents des assemblées, 60 députés ou 60 sénateurs.
Le projet prévoit également que le Conseil constitutionnel puisse s'autosaisir, «au terme de 60 jours (...) et à tout moment au delà de cette durée».
Avec agence
Appliqué une fois
L'article 16, dénoncé de longue date par la gauche, notamment par François Mitterrand -qui avait renoncé toutefois à le supprimer une fois à l'Elysée-, a été appliqué une seule fois dans l'histoire de la Ve République: du 23 avril au 29 septembre 1961, pour faire face à la tentative de putsch militaire en Algérie.