PS - Razzy Hammadi, secrétaire national à la riposte et membre de la direction nationale du Nouveau parti socialiste réagit à l'annonce de Ségolène Royal...
Razzy Hammadi est secrétaire national à la riposte et, avec Benoît Hamon, membre de la direction nationale du Nouveau parti socialiste. Il réagit à l'annonce de Ségolène Royal.
Avez-vous été surpris par l’annonce de Ségolène Royal, vendredi, de se porter candidate au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste?
Non, Ségolène Royal est légitime à se porter candidate. Mais ce qui me surprend c’est le rythme et le contexte. Nous allons l’encontre de ce que doit être notre mission: nous opposer à la droite et réfléchir à notre offre politique. Chaque jour en rajoute au pathétique : le nombre de candidats au poste de premier secrétaire n’est pas proportionnel au nombre d’idées nouvelles de rénovation présentées.
Comment l’expliquez-vous ?
Tout cela participe d’un emballement, d’un jeu d’estrade. On court derrière l’image et la dépêche AFP, comme si le bruit médiatique était proportionnel à notre capacité à convaincre les militants! Pour le moment, la plupart de candidats déclarés sont issus des mêmes majorités d’idées qui se suivent et se ressemblent depuis plus de 10 ans. Nous devrions réfléchir à l’intérêt général de notre camp plutôt qu’aux intérêts particuliers de nos clans. Entendre chaque jour «Je suis candidat ou candidate» plutôt que «nous sommes candidats à l’alternative», à un moment, ça va se payer. Les militants ne se laisseront pas guider par le bout du nez en ce qui concerne leur choix idéologique. Une bonne partie d’entre eux a été vacciné.
Ségolène Royal annonce le soutien de 25 premiers secrétaires fédéraux, c’est une démonstration de force?
Ce n’est pas en balkanisant le parti socialiste — et je dis ça pour tous — que l’on arrivera à la rassembler autour d’une orientation politique nouvelle. On sera bien avancé quand chacun aura montré ce qu’il a dans le biceps. Il faudra avoir affiché ce que chacun a dans la tête et en avoir discuté ou débattu.
Le parti socialiste a tout de même besoin qu’un leader se détache...
Il y a pire qu’un parti sans leader. C’est un parti sans projet ou un leader sans projet. C’est la direction du parti qui doit être discutée et donc son orientation. Il faut une majorité nouvelle, en capacité de produire une offre politique nouvelle et qui prenne acte des transformations du monde auquel nous sommes confrontés. Nous avons des candidats qui sur le fond, surtout économique, incarnent la modernité des années 80 et 90. C’est l’archaïsme de notre génération. Au NPS, notre priorité est à l’émergence d’une 3e voie, une orientation nouvelle et un nouveau collectif.
Comment comptez-vous vous y prendre?
Le NPS rendra public un certain nombre d’initiative la semaine prochaine, avec un contenu politique fort et des porte-parole incarnant une nouvelle génération politique. Nous savons que d’autres sensibilités et d’autres personnalités sont prêtes à se rejoindre afin de faire en sorte que ce congrès du PS ne soit pas une joute d’ego mais celui du changement. Je suis convaincu que le duel annoncé ne sera pas la finale.
Recueilli par Johan Hufnagel