REACTIONS – «Clair, carré, cadré» pour la droite, «lots de consolation» pour Royal, «droitisation» pour le PCF…
Contentement à droite, méfiance et ironie à gauche. La classe politique est divisée sur le
remaniement au sein de l’exécutif annoncé mardi par l’Elysée.
«Clair, carré, cadré»
«C'est un remaniement plutôt technique, de bonne qualité» avec «des personnalités de très bon niveau. Que ce soit Christian Blanc ou Anne-Marie Idrac, ils vont évidemment apporter beaucoup à la réflexion gouvernementale», s’est réjoui mercredi Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, sur France 2. Il s’est également dit «très heureux» que «l'architecture gouvernementale» n'ait pas été modifiée «en profondeur».
De son côté, le nouveau porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, estime que ce remaniement est « un premier élément de réponse (...) dans des domaines où la politique du gouvernement n'était peut-être pas suffisamment bien perçue, pas suffisamment clairement identifiée» a-t-il expliqué sur France 3.
«Toujours plus à droite»
Pour le PCF, ce remaniement est synonyme de «droitisation renforcée». «Ce mini remaniement ministériel, accompagné d'une nouvelle présidentialisation du régime, apporte comme seule et unique réponse au verdict des urnes: "Toujours plus à droite!"», estime le porte-parole communiste Olivier Dartigolles, dans un communiqué.
«La nomination de Nadine Norano apparaît ainsi comme une forme de provocation. Battue à Toul par le suffrage universel, la sarkozyste version "hard", représentante d'une ultra-droite, sera en charge des questions de la famille, poursuit le PCF. Rien ne change. Pire, M. Sarkozy fait le choix d'une droitisation renforcée avec l'objectif d'un passage en force pour imposer un nouveau cycle d'attaques contre le monde du travail, les retraites, la jeunesse».
De son côté, la présidente PS de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, présidente, évoque un «aménagement très marginal avec des lots de consolation pour personnalités battues». Interrogée par l'AFP en marge du Salon du Livre à Paris, elle estime que le Nicolas Sarkozy fait fausse route: «ce que les Français attendaient, après le scrutin sans ambiguïté des élections municipales, c'est l'annonce d'un changement de politique et des décisions immédiates sur le niveau de vie.»
Bataille d’influence en Ile-de-France
«Personne ne s'occupait des questions familiales alors que c'est un sujet absolument majeur et Nadine Morano (nommée secrétaire d'Etat à la Famille) fera un remarquable travail dans ce domaine», a déclaré Christian Blanc, député NC des Yvelines, nommé mardi secrétaire d'Etat au développement de la «Région Capitale». Quant à la nouvelle équipe entourant le chef de l'Etat à l'Elysée, «c'est clair, c'est carré, c'est cadré», a jugé le député-maire de Meaux (Seine-et-Marne). Une nomination mal prise par Jean-Paul Huchon. Mardi, le président de la région Ile-de-France a lancé une mise en garde contre une tentation d' affaiblir» la région, jugeant qu'avec cette création «le gouvernement fait mine d'ignorer que la Région Ile-de-France est la 1ère Région d'Europe, qu'elle a battu cette année tous les records de création d'entreprises».
«Si le gouvernement veut nous aider à faire encore mieux, alors, Christian Blanc, ex-Préfet de Seine-et-Marne et grand commis de l'Etat, devra dégager les moyens financiers pour les transports, le logement, la recherche et l'innovation que nous réclamons depuis plusieurs années», poursuit-il. Cette création ministérielle ne doit pas être «le prétexte à une manoeuvre autoritaire et contraire aux lois de décentralisation et aux libertés locales», prévient-il.
Enfin, Jean-Marie Le Pen a dénoncé mercredi une «vaine inflation des ministres et des intitulés», ironisant sur la taille de l’exécutif. «Le "gouvernement resserré" qu’avait promis Nicolas Sarkozy est de plus en plus dilaté. Avec la nomination de six nouveaux secrétaires d’Etat, il comprend désormais 38 membres», a souligné le président du FN dans un communiqué. Et de conclure, estimant que «ce très modeste remaniement ministériel» est «sans rapport avec l’ampleur de la crise»: «Sans doute échappe-t-on à une nouvelle ouverture à la gauche socialiste. Mais c’est une piètre consolation».
Sa. C. avec agence