Réformes sociales, asile, NDDL... Macron réunit tous les ministres en séminaire pour lancer l'année 2018

REFORMES Les membres du gouvernement sont convoqués à l'Elysée pour préparer le premier trimestre 2018...

Laure Cometti

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Séminaire gouvernemental à Dijon, samedi 1er juillet.

Séminaire gouvernemental à Dijon, samedi 1er juillet. — FRANCOIS LO PRESTI / AFP

  • Le gouvernement fait sa rentrée ce mercredi 3 janvier 2018.
  • Après le Conseil des ministres, Emmanuel Macron et Edouard Philippe réuniront les ministres pour préparer les chantiers du premier trimestre de l'année.
  • Pour Matignon, ces séminaires sont «un outil de travail».

Après de courtes vacances, les 29 membres du gouvernement  se réuniront ce mercredi à l’Elysée autour du président de la République et du Premier ministre. C’est devenu une habitude pour les ministres qui ont déjà été convoqués à trois « séminaires de travail » depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Ce mercredi, l’objectif est de préciser le calendrier du premier trimestre 2018. Il s’annonce chargé, avec des réformes sociales et des dossiers sensibles comme Notre-Dame-des-Landes ou la réforme de l’asile.

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Une frise chronologique

Ce « séminaire » de rentrée sera bref : il débutera après le Conseil des ministres, prévu à 10h30, et s’achèvera par un déjeuner du gouvernement à l’Elysée, inscrit à 13h à l’agenda du chef de l’Etat. Le gouvernement devrait donc disposer d’environ « deux heures et quelques », estime Matignon. A l’issue de cette réunion, Edouard Philippe fera une déclaration à la presse à l’Elysée.

L’objectif de cette réunion est le même que lors des trois précédents séminaires (le 30 juin 2017 à Nancy, le 28 août à l’Elysée et le 8 octobre à Matignon) : « mettre sur la table une feuille de route et une chronologie collectives », résume l’entourage d’Edouard Philippe. Autrement dit, le couple exécutif rassemble ses ministres pour les mettre au diapason. « Le président fixe le cap, la stratégie, et le Premier ministre livre les détails opérationnels, et l’agenda », poursuit Matignon. Dans l'entourage d'Emmanuel Macron, on insiste sur le «rythme soutenu» des réformes, un point qu'il a mentionné dans ses voeux aux Français.

De « fortes attentes » sur la réforme de l’Etat

«Quatre blocs» seront abordés. L'Elysée énumère : «le champ régalien, avec la réforme de l'asile, le projet de loi de programmation militaire, la révision constitutionnelle et celle de la procédure pénale; le champ économique et social avec les négociations sur l'assurance chômage, de l'apprentissage et de la formation professionnelle, la loi sur la vie des entreprises et la future réforme du baccalauréat; les secteurs de l'agriculture, du logement et de la mobilité; et enfin les sujets électoraux et territoriaux, comme le référendum en Nouvelle-Calédonie et la modification du scrutin des élections européennes». «Tout ne sera pas discuté de façon approfondie, mais le président tiendra à évoquer ces sujets pour rappeler le cap qu'il s'est fixé pour les prochains mois», précise l'Elysée.

Certains de ces dossiers seront très rapidement d'actualité. L'exécutif s'est promis de se prononcer définitivement sur l'avenir du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes avant la fin du mois de janvier. Quant au projet de loi asile et immigration, qui divise déjà les députés de la majorité présidentielle, il doit être débattu à l’Assemblée en février. « C’est un texte important, sensible, sur lequel il faudra faire de l’explication, mais qui ne pose pas problème au sein du gouvernement », indique Matignon.

La réforme de l’Etat est l’autre chantier sur lequel le Premier ministre va insister : « c’est le grand sujet de 2018. Réformer, transformer l’Etat est au cœur de tout notre travail. Edouard Philippe va exprimer aux ministres ses attentes fortes. On n’attend pas d’eux qu’ils aient des propositions dès ce mercredi, mais ils devront en faire dans les prochains mois », précise Matignon.

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Mantra volontariste

La Corse pourrait aussi être à l’ordre du jour, alors que Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur et « Madame Corse » du gouvernement, doit se rendre vendredi sur l’île, et que les indépendantistes Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni ont pris la direction de la collectivité territoriale unique installée le 1er janvier 2018.

Lors de ses vœux aux Français le 31 décembre dernier, Emmanuel Macron a déclaré que « les transformations profondes » se poursuivraient en 2018 « avec la même force et le même rythme ». Un message volontariste qui devrait être répété lors de ce séminaire gouvernemental, pour mieux être diffusé. « Nous avons besoin de repenser un grand projet social pour notre pays, que je déploierai durant l’année », a aussi annoncé le chef de l’Etat, sans livrer plus de détails. Peut-être en dira-t-il plus à son gouvernement ce mercredi.