INTERVIEW - Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande, réagit aux résultats…
Interview de Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande, premier secrétaire du PS.
Le deuxième tour des municipales et des cantonales s'est traduit par une vague rose. Vous vous y attendiez?
Nous sommes très satisfaits car les résultats vont plus loin que ce à quoi nous nous attendions. Cela est surtout vrai au niveau des départements. La fourchette était de six à huit départements à gagner. Avec 60 conseils généraux qui seront désormais présidés à gauche (contre 51 jusqu'alors), nous avons battu un record historique dans l'histoire de la République. Quant aux municipales, nous avons largement reconquis 30 villes de plus de 20.000 habitants, ce qui constituait notre objectif. Pour les villes de plus de 100.000 habitants, nous en avons gagné neuf et perdu zéro. C'est un sacré marqueur électoral!
Avez-vous eu des surprises, des résultats auxquels vous ne vous attendiez pas?
Oui, nous étions loin d'être sûrs de gagner le Val-d'Oise. Quant à Dole et Montbéliard, nous sommes vraiment surpris de les avoir remportées tout comme Colombes qui n'était pas facile.
Pourtant, au niveau national, le rapport de forces gauche-droite s'établit à 49,5% pour la gauche contre 47,5% à l'UMP et ses alliés. Une différence qui n'est pas énorme…
Au premier tour de la présidentielle, la gauche avait fait 36% à peine. Il y a donc un signal très fort envoyé au gouvernement. Le PS progresse aussi bien dans l'ouest que dans l'est, dans les zones rurales que départementales…
N'êtes-vous pas déçu de n'avoir fait basculer aucun arrondissement à Paris?
C'est vrai que nous espérions remporter de nouveaux arrondissements mais nous renforçons nos positions dans ceux déjà détenus par la gauche. L'électorat de droite s'est fortement mobilisé mais cela permettra quand même à Bertrand Delanoë de bénéficier d'une majorité au conseil de Paris plus large.
Comment expliquez-vous que le PS s'en sorte aux scrutins locaux (municipales, cantonales, régionales) mais jamais aux scrutins nationaux?
Votre remarque est juste et c'est le défi qui nous reste à relever. Nous devons dès aujourd'hui préparer avec cohérence, détermination et méthode la présidentielle de 2012.
Propos recueillis par Alexandre Sulzer