POLITIQUE - Un zeste de remaniement gouvernemental, une valse des conseillers à l'Elysée et un nouveau style…
A l'Elysée, on ne parle plus de «remaniement» mais d'«ajustement». Depuis que Nicolas Sarkozy a exclu le 6 mars, dans un entretien au «Figaro», tout changement «en profondeur» du gouvernement, les observateurs s'attendent à des changements marginaux au sein de l'équipe gouvernementale. Et ce, malgré un sondage BVA pour Orange et «L'Express», rendu public vendredi, qui montre que 62% des Français contre 34% souhaitent que le gouvernement change de politique. Seuls 37% des Français préfèreraient que le gouvernement reste tel qu'il est au lendemain des élections municipales, quand 35% souhaiteraient que certains ministres soient remplacés mais que le Premier ministre reste en place.
C'est cette dernière option qui s'imposera. Outre le
départ probable de Christine Albanel et Christine Boutin, il faudra trouver un remplaçant au secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Christian Estrosi, qui a promis de démissionner en cas de victoire, probable, à Nice. Deux noms circulent pour le remplacer: Alain Marleix, l'actuel et peu médiatique secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, ou Dominique Paillé, secrétaire général adjoint de l'UMP.
Trois secrétariats d'Etat devraient également être créés, peut-être quatre: Economie numérique, Grand Paris, Industrie, et Aménagement du territoire. Ce dernier pourrait échoir à Michel Mercier, président du groupe centriste au Sénat.
Remaniement élyséen
C'est surtout à l'Elysée, où une guerre invisible des conseillers fait rage depuis plusieurs mois, que les principaux changements devraient intervenir. Le porte-parole David Martinon, candidat malheureux à Neuilly, devrait quitter ses fonctions et, selon la rumeur, prendre le poste de consul général à Washington.
Pour le remplacer au porte-parolat, Franck Louvrier, actuel conseiller pour la presse, serait chargé des affaires courantes, tandis que l'international serait assuré par Jean-David Levitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, et Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée.
Mais le changement le plus important concernerait Nicolas Sarkozy lui-même. «L'idée n'est pas de parler moins mais de concentrer le message sur quelques grands objectifs et de faire de la pédagogie. Il faut aussi arrêter avec les idées neuves, on a assez à faire avec le programme annoncé pour s'occuper. Il faut aussi éviter que le président intervienne le même jour sur plusieurs sujets pour ne pas brouiller le message», assure un proche du chef de l’Etat. En clair, tenter de donner
une image plus présidentielle à Nicolas Sarkozy.
A.S avec agence