Après l'éviction de Rokhaya Diallo, l'ensemble du Conseil national du numérique démissionne

POLEMIQUE Tout juste une semaine après sa prise de fonctions, Marie Ekeland a expliqué son départ par la polémique née de l’intégration de l’essayiste Rokhaya Diallo et du rappeur Axiom…

20 Minutes avec AFP

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Marie Ekeland a démissionné de ses fonctions de présidente du Conseil national du numérique

Marie Ekeland a démissionné de ses fonctions de présidente du Conseil national du numérique — M.ASTAR/SIPA

Sur fond de polémique, la présidente du Conseil national du numérique (CNNum), Marie Ekeland, a annoncé ce mardi sa démission, suivie par l’ensemble des membres du CNNum.

Tout juste une semaine après sa prise officielle de fonctions, Marie Ekeland explique son départ par la polémique née de l’intégration de l’essayiste Rokhaya Diallo et du rappeur Axiom au CNNum et la demande, par le secrétaire d'Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, de les en écarter.

« La forme actuelle de nomination et de fonctionnement du CNNum portent à confusion et ne peuvent pas garantir son indépendance », a regretté Marie Ekeland dans un message publié sur le site du CNNum et baptisé « demain est un autre jour ».

Un projet d’ouverture « mis à l’épreuve dès le démarrage »

« Le projet que j’ai porté d’ouverture, d’indépendance de pensée et de diversité, a été mis à l’épreuve dès le démarrage. Je ne vois pas, aujourd’hui, comment continuer à le porter en maintenant son essence et de bonnes chances de réussite », a-t-elle ajouté.

En signe de soutien, l’économiste Pierre-Yves Geoffard a également annoncé sa démission du CNNum, « en totale solidarité » avec Marie Ekeland.

Dans la foulée, les autres membres du CNNum ont annoncé avoir quitté l’instance, « considérant que le travail du Conseil ne peut plus se faire selon des modalités efficaces », selon un communiqué commun.

Le secrétaire d’Etat Mounir Mahjoubi assume. « Après cette nomination, tout le monde a oublié le CNNum et ce qu’il était censé faire. Le débat s’est porté sur d’autres sujets. Cela l’a rendu inaudible et incapable de travailler sur ses missions », a-t-il dit ce mardi dans les colonnes du Figaro.

Et de souligner qu « il ne s’agit pas d’une association, d’un parti politique ou d’un lobby. Le CNNum doit être proche du gouvernement pour nous orienter, et le gouvernement lui fait confiance sur ces sujets. Ce n’est pas une force d’opposition, même si conseiller peut signifier dire quand ça ne va pas. C’est cet équilibre subtil qui a été cassé. »

Un poste occupé à peine plus d’une semaine

La désormais ex-présidente du CCNum avait pris ses fonctions lundi 11 décembre, à l’occasion d’une conférence de presse de présentation aux côtés de Mounir Mahjoubi afin de présenter la stratégie à venir de l’instance.

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Le secrétaire d’Etat avait alors assuré que le gouvernement avait « souhaité confirmer l’indépendance, ses moyens, son mode de fonctionnement » en élargissant les compétences du CNNum par un décret publié la veille.

Lors de cette conférence de presse, Marie Ekeland avait défendu le fait d’élargir le Conseil à des personnalités extérieures au monde du numérique afin de « nous poser la question de savoir quel monde nous voulons construire ».

A cette occasion, Marie Ekeland avait notamment cité le nom de Rokhaya Diallo parmi les personnalités rejoignant le Conseil.