• La semaine dernière, Emmanuel Macron s'est rendu au Burkina Faso, au Ghana et en Côte d'Ivoire pour une intense séquence de diplomatie franco-africaine.
  • Il sera cette semaine à Alger, puis à Doha.
  • Ces déplacements, courts, ont des objectifs économiques, sécuritaires, culturels et politiques.

Emmanuel Macron poursuit son intense séquence diplomatique et complète son parcours en Afrique et au Moyen-Orient. Le président français va enchaîner cette semaine deux rencontres avec des homologues étrangers, d’abord en Algérie ce mercredi, puis au Qatar jeudi. Un rythme soutenu qui devrait se poursuivre. « L’engagement personnel du chef de l’Etat est très fort, il veut continuer à se déplacer », indique l’Elysée. 20 Minutes fait le point sur les enjeux et le programme de ces deux déplacements présidentiels placés sous le signe de l’économie et de la lutte contre le terrorisme.

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Une visite de travail et d’amitié à Alger

Dix mois après sa visite « marquante » (selon l’Elysée) de février, lorsqu’il était candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron vient pour la première fois en Algérie en tant que président. Il avait lui-même annoncé ce voyage lors d’une déambulation dans les rues de Tourcoing, le 14 novembre dernier.

Il se sera écoulé près de sept mois entre son élection et ce déplacement, alors qu’Emmanuel Macron s’est rendu en juin dernier au Maroc, rompant avec ses deux prédécesseurs qui s’étaient d’abord déplacés en Algérie. Pourtant l’Elysée insiste sur cette visite qui montre « l’importance des liens entre la France et l’Algérie » et qui ouvre « tout une séquence franco-algérienne ». Le Comité intergouvernemental de haut niveau Algéro-français (CIHN) se réunira en effet jeudi à Paris.

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L’Elysée souhaite « aller plus loin » dans la coopération avec l’Algérie, notamment sur le dossier libyen et la lutte contre le terrorisme au Sahel. A Alger, Emmanuel Macron déjeunera avec des « personnalités d’avenir algériennes, des membres de la société civile, des start-uppers, des élus, des artistes ». Puis il s’entretiendra avec le Premier ministre algérien, Ahmed Ouhayia, nommé en août dernier après le limogeage de son prédécesseur, et le président Abdelaziz Bouteflika.

Il sera accompagné du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et du ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin pour cette visite express, ponctuée par une conférence de presse à 18 heures. Dans la soirée, il rencontrera des membres de la communauté française en Algérie puis il dînera avec le président du Conseil de la nation algérien (la chambre haute du Parlement), Abdelkader Bensalah.

Economie et mémoire

Si l’Elysée met l’accent sur la volonté de renforcer les relations économiques entre Paris et Alger, « la dimension mémorielle sera présente lors de ce déplacement ». En juillet, Abdelaziz Bouteflika a demandé à la France d’admettre officiellement les « souffrances » infligées au peuple algérien sous la colonisation.

Emmanuel Macron fera-t-il un geste dans ce sens ? Dans l’entourage du président, on rappelle que le discours prononcé à Ouagadougou la semaine dernière s’adressait « à tout le continent africain ». « Ce qu’Emmanuel Macron a dit en Afrique la semaine dernière concernait aussi sa vision de la relation entre la France et l’Algérie, qu’il s’agisse des sujets liés à la mémoire, à la coopération, à la jeunesse », explique t-on.

La condamnation de la colonisation, qualifiée de «crime contre l'humanité» par l'ex candidat à la présidentielle en février dernier, sont encore présents dans les esprits à Alger, où certains espèrent la restitution des archives de l'époque coloniale et des crânes de résistants algériens. Mais ils pourraient être déçus, puisque le président français souhaiterait « maintenant tourner la page », selon l’Elysée.

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Dans la nuit de mercredi à jeudi, Emmanuel Macron survolera le continent pour atterrir à Doha jeudi matin. Il sera surtout question de coopération dans la lutte contre le financement du terrorisme.