• Gérard Filoche se retrouve dans la tourmente après avoir posté vendredi soir un tweet polémique jugé « antisémite »
  • Le Parti socialiste a indiqué avoir entamé une procédure d’exclusion
  • 20 Minutes revient sur le parcours de ce militant de l'aile gauche du PS

Un tweet qui ne passe pas. Gérard Filoche se retrouve dans la tourmente après avoir posté vendredi soir un tweet polémique jugé « antisémite », visant notamment Emmanuel Macron. L’intéressé plaide l’erreur d’inattention : « Le montage est intolérable, mais je n’avais rien vu du tout […] Quand on me l’a dit, je l’ai tout de suite enlevé évidemment », explique-t-il à 20 Minutes. Cette « grosse connerie » revendiquée n’a pas empêché la polémique.

Le Parti socialiste a indiqué avoir entamé une procédure d’exclusion contre le membre du bureau national, également poursuivi en justice par la Licra et le Crif. « Qui peut croire une seconde que je suis raciste et antisémite alors que je milite à gauche depuis 55 ans ? », se défend l’intéressé. L’occasion de revenir sur le profil de cette «grande gueule» du Parti socialiste.

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Un trotskiste au PS

Né à Rouen en 1945, d’un père menuisier à la SNCF et d’une mère aide-soignante, Gérard Filoche s’engage très tôt en politique, et déjà, très à gauche. Il adhère à l’UNEF, à la CGT, devient membre du Parti communiste en 1964, mais en est exclu dès l’année suivante. Il co-fonde alors la Jeunesse communiste révolutionnaire, dirige le comité de grève de la fac de Rouen en mai 1968 puis participe au lancement de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) d’Alain Krivine en 1974, ancêtre du NPA, dans lequel il siégera au bureau politique durant vingt-cinq ans. Ce trotskiste participe aussi à la création de SOS-Racisme en 1984 et dix ans plus tard, il rejoint finalement les rangs du Parti socialiste avec 150 autres militants. Il siège au bureau national du parti et devient une figure de l’aile gauche aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, Julien Dray, ou Marie-Noëlle Lienemann. A chaque étape, il milite pour l’union de la gauche, mais très souvent, en vain.

Un spécialiste du droit du travail

Jusqu’au début des années 1980, Gérard Filoche multiplie les boulots : « moniteur colonie, coursier de banque, conducteur de train, manutentionnaire, chauffeur-livreur, facteur, maître-auxiliaire, enseignant de philosophie, journaliste », enumère-t-il sur son site. Mais son combat politique se forge surtout par son expérience comme inspecteur du travail, ce métier « où vous foutez la trouille aux patrons en rentrant dans la boîte », s'amusait-il aux Inrocks en 2013. Spécialiste du Code du travail, le septuagénaire aux plus de 30 ouvrages se veut défenseur de « la classe ouvrière » et des salariés.

« Côté travail, nous n’entrons pas dans le XXIe siècle, nous retournons au XIXe », disait-il à l'Express, déjà en 1997. « Il est très fort pour nous faire croire que l’on est revenu au temps de Zola », répondaient ses détracteurs. Déçu du hollandisme, Gérard Filoche flingue la loi El Khomri, puis se montre très critique contre Emmanuel Macron et à sa réforme du Code du travail par ordonnances.

«Géniteur» pour un couple de lesbiennes

En plein débat sur le mariage pour Tous, Gérard Filoche confie, qu'au début des années 1980, il a accepté d'être «le géniteur» pour un couple de lesbiennes. «Deux amies de mon épouse, militantes elles aussi, et qui vivaient ensemble, voulaient un géniteur. Elles ne me l’ont pas demandé à moi, elles l’ont demandé à mon épouse, qui est venue me dire « moi je suis d’accord, qu’est-ce que tu en penses? ». J’ai dit « oui, c’est un droit démocratique », expliquera-t-il sur France 2

L'histoire fera l'objet d'un  documentaire intitulé  Louise, son père, ses mères, son frère et ses sœurs.

Un habitué des coups de gueule… et des polémiques Twitter

Peu connu du grand public, Gérard Filoche est un habitué « des coups de gueule ». L’un d’eux, contre l’affaire Cahuzac, a été très partagé sur les réseaux sociaux en 2014. « C’est la misère dans le pays, il y a cinq millions de chômeurs, dix millions de personnes qui sont pauvres, qui ont moins de 900 euros par mois, et dont on ne parle pas…. Et on a un chef du Budget qui fraude lui-même ! » s’était-il insurgé sur le plateau de LCI, au bord des larmes.

« J’ai un peu sauvé l’honneur du Parti », juge-t-il quelques jours plus tard au Inrocks, « et pourtant je n’ai pas eu un mot de la direction ». Car son franc-parler agace certains de ses « amis » socialistes. Sur Twitter notamment, certains de ses nombreux « coups de colère » ne passent pas. En 2014, peu après la mort de Christophe de Margerie, le socialiste compare le patron de Total à « un suceur de sang » et déclenche une polémique.

Déjà, des députés PS demandent son exclusion.

A l’été 2016, d'autres socialistes demandaient son départ pour des propos « contraires et attentatoires à ce qu’est le PS aujourd’hui ». «Il fait tout pour se faire virer du PS», s'agaçait aussi  a quelques mois Jean-Christophe Cambadélis. Jusqu'ici, Gérard Filoche s'en est toujours sorti.

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