Congrès LREM: Pourquoi Lyon est-elle la capitale de la «Macronie» ?

FIEF Le premier congrès du parti présidentiel se tiendra samedi dans la Capitale des Gaules…

Caroline Girardon

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Gérard Collomb et Emmanuel Macron, ici avant la visite du Centre Léon Bérard à Lyon, le 4 février.

Gérard Collomb et Emmanuel Macron, ici avant la visite du Centre Léon Bérard à Lyon, le 4 février. — ROBERT PRATTA / POOL / AFP

  • La République en marche tient son premier congrès ce samedi à Lyon, fief de la « Macronie ».
  • Un juste retour des choses ? Gérard Collomb, l’ancien maire a largement œuvré pour qu’Emmanuel Macron accède à l’Elysée.
  • Pourtant, le « macronisme » serait implanté depuis presque 20 ans à Lyon.

La République en marche tient ce samedi à Lyon, son premier congrès, au cours duquel sera désigné le secrétaire général. Le choix de la Capitale des Gaules est tout sauf une surprise. Il s’agit même d’une évidence. Voilà pourquoi.

Parce que Gérard Collomb, l’ancien maire de Lyon, a eu du flair. « C’est quelqu’un d’extrêmement instinctif. Lorsqu’il a rencontré Emmanuel Macron, il a senti qu’il irait loin. Son impression s’est renforcée au fil de leurs échanges », argumente Thomas Rudigoz, député de la première circonscription du Rhône. « Emmanuel Macron incarne le réformisme que revendique depuis longtemps Gérard Collomb. Il s’est dit qu’il y avait enfin quelqu’un qui pourrait transformer le pays comme il le souhaitait depuis longtemps », ajoute l’élu.

En 2012, le maire de Lyon, qui a souvent pris ses distances avec le PS, avait clairement affiché son soutien à Dominique Strauss-Kahn. Pari manqué. Le président du FMI, accusé d’agression sexuelle, s’est retrouvé englué dans un scandale sans précédent et a dû renoncer à ses rêves élyséens.

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Cette fois, Gérard Collomb ne s’est pas trompé, même s’il ne pensait pas que son poulain s’installerait aussi rapidement à la tête de l’Etat. « Il imaginait que ça serait pour le prochain mandat. Mais les circonstances politiques ont fait que les choses se sont accélérées », confesse Thomas Rudigoz

Parce qu’Emmanuel Macron doit bien cela à Gérard Collomb. Il faut bien le reconnaître, l’ancien maire de Lyon a été l’un des tout premiers à croire en Emmanuel Macron, alors qu’il était ministre de l’Economie et qu’il n’avait pas encore affiché ses ambitions présidentielles. « Il a ouvert la brèche », confiait l’un de ses collaborateurs avant les élections. Et surtout, il a donné de sa personne.

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Il s’est d’abord affirmé en créant le pôle des réformateurs, puis a multiplié les plateaux de télévision pour vanter les qualités de son jeune protégé. Il lui a ouvert son carnet d’adresses, l’a assuré d’avoir un nombre important de soutiens avant les élections, a converti ses proches collaborateurs, s’est occupé lui-même de récolter les 500 parrainages nécessaires à sa candidature, et lui a fait rencontrer les représentants du monde économique à Lyon.

L’entrepreneur Bruno Bonnell, désormais député de la sixième circonscription du Rhône, s’est d’ailleurs laissé séduire par les idées du jeune ministre lorsqu’il l’a rencontré le 6 juin 2016. Ce jour-là, Gérard Collomb avait réuni à l’Hôtel de Ville toute l’obédience lyonnaise.

« C’est à partir de ce moment que j’ai su que j’allais m’engager », explique-t-il. « Emmanuel Macron parlait comme on parle chez nous. Il croit en l’idée que le social et l’économie sont compatibles ».

Parce que Lyon est une ville macroniste bien avant l’heure. « Le modèle lyonnais, toutes proportions gardées, qu’a développé Gérard Collomb lorsqu’il était maire de Lyon, a beaucoup inspiré Emmanuel Macron », explique Thomas Rudigoz. Et d’ajouter : « A Lyon, on a su instaurer un système de fonctionnement qui apaise les tensions sociales. Même si on ne peut pas comparer le VIe arrondissement et le Mas du Taureau, on a atténué les fractures sociales ».

Mais rendons à César ce qui est à César. Le macronisme, tel qu’il est défini aujourd’hui, est ancré entre Rhône et Saône depuis plus de 20 ans. « Le concept est né du mandat de Raymond Barre (1995-2001) », rappelle Bruno Bonnell. « La notion de clivage entre la droite et la gauche a largement été dépassée ». Barre a semé les graines, Collomb a continué la récolte. Depuis, « le dialogue passe avant l’idéologie ». Les observateurs politiques n’ont pu que constater « l’essor politique et sociétal de la ville ».

« Gérard Collomb n’a jamais aimé le sectarisme, ni les majorités partisanes, il gouverne avec tout le monde comme l’ont fait ses prédécesseurs à Lyon et Macron aime cette idée », confiait un proche du président de la République, juste avant les élections.