Harcèlement sexuel: Juliette Méadel propose la création d'un statut de «lanceur d'alerte»

LEGISLATION L'ancienne secrétaire d'Etat à l'Aide aux victimes souhaite « transposer la mécanique des lanceurs d’alerte, qui a été mise en œuvre pour lutter contre la corruption, à cette situation de harcèlement »...

C. Ape. avec AFP

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Juliette Méadel

Juliette Méadel — ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

Manuel Valls, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand et de nombreuses autres personnalités ont appelé mercredi dans une pétition à mieux « protéger » la parole des victimes de harcèlement sexuel, qui trop souvent « s’autocensurent ».

La tribune, intitulée « Pour en finir avec l’impunité sur le harcèlement sexuel : dénoncer c’est bien, protéger c’est mieux », a été initiée par l’ex-secrétaire d’Etat PS, Juliette Méadel. Elle est signée notamment par Manuel Valls, les présidents de région LR Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, la ministre PRG Annick Girardin, l’animatrice Flavie Flament, la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte, les députés Thierry Solère (LR, Constructif) et Luc Carvounas (PS), le couturier Christian Lacroix.

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Vers la création du statut de lanceur d’alerte

L’ancienne secrétaire d’État à l’Aide aux victimes a expliqué ce jeudi au micro de franceinfo vouloir « transposer la mécanique des lanceurs d’alerte, qui a été mise en œuvre pour lutter contre la corruption, à cette situation de harcèlement ». « L’idée, c’est vraiment de protéger ce qui permet de casser le silence », insiste Juliette Méadel, qui regrette l’insuffisance de l’arsenal législatif.

Autres propositions faites par les signataires de la pétition : un meilleur accompagnement des victimes, l’ouverture d’une réflexion sur l’allongement du délai de prescription des plaintes pour harcèlement sexuel, le lancement d’une campagne d’information.

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« Un délit encore trop souvent impuni, surtout pour les puissants »

Rendant hommage « au courage » des femmes qui ont témoigné contre le producteur américain Harvey Weinstein, les signataires affirment qu’il n’est « pas acceptable que 85 % des femmes victimes de harcèlement renoncent à porter plainte » et « que 95 % des femmes qui portent plainte contre le harcèlement perdent leur travail ».

Ils appellent à « créer une section spéciale du parquet habilitée à anonymiser la plainte et à enquêter dans le respect de la confidentialité, pour aider les victimes à récolter des preuves ».

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« S’il arrivait que la plainte soit connue, les victimes ne devraient pas pouvoir être licenciées pendant la durée de l’instruction », complètent-ils. « Le harcèlement sexuel est un délit encore trop souvent impuni, surtout pour les puissants. La parole doit être libérée et protégée pour défendre les personnes victimes de harcèlement et leur permettre, enfin, de se reconstruire », concluent-ils.