Quand Nicolas Sarkozy interdisait aux policiers d'user de familiarité et d'insultes

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Publié le 25 février 2008.

POLITIQUE - Il avait demandé aux policiers d'être exemplaires, ils ne sont pas tous contents de constater qu'il ne montre pas l'exemple…

«Je reçois de très nombreux appels de collègues, policiers et gendarmes, qui ne comprennent pas comment il a pu faire cela». Cette confidence de Joachim Masanet, secrétaire général de l'UNSA Police, en dit long sur le désarroi de certains fonctionnaires après le «casse toi, pauvre con» lancé par Nicolas Sarkozy au Salon de l'agriculture.

En cause: la contradiction évidente entre ce dérapage et les recommandations que le chef de l'Etat avait formulées aux policiers et gendarmes en novembre 2007. «Pas de familiarité, de la tenue, respectez les gens. (…) Mais pensez à cela, chaque minute : vous portez un uniforme, vous êtes les représentants de l’Etat, vous devez avoir une éthique, vous devez être exemplaires. Et c’est très important, pas de fenêtre ouverte dans les voitures de patrouille avec le bras qui pend, pas de tutoiement, du respect. Respectez les autres et vous serez respectés. Je sais bien qu’on vous insulte, mais on ne combat pas les voyous avec les méthodes de voyous», avait-il déclaré.

«Quand un policier passera en conseil de discipline parce qu'il a insulté quelqu'un, que va-t-il penser? Nicolas Sarkozy, lui, ne risque rien», se désole le responsable syndical.

Un discours présidentiel formaté

«Les instructions du chef de l'Etat n'étaient de toute façon pas nouvelles», tempère Christophe Gesset de Synergie Officiers. Le tutoiement est en effet interdit dans le règlement depuis longtemps. «Depuis que je suis policier, depuis 1988, chaque Président rappelle à l'ordre la police. Le discours de Nicolas Sarkozy, nous l'avons déjà entendu 100 fois. Si nous sommes frappés, nous devons tendre la joue», explique-t-il. Les bonnes intentions présidentielles n'ont par ailleurs pas été accompagnées d'instructions concrètes.

«Il va comprendre qu'il n'est pas toujours évident de garder son sang-froid», espère David Barbas du Snop. «Bien sûr, ce n'est pas bien de répondre à l'insulte par l'insulte mais c'est humain. Et les policiers, comme Nicolas Sarkozy, sont des êtres humains». Ils ne bénéficient pas en revanche de l'impunité pénale.
Alexandre Sulzer
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