Le Premier ministre Edouard Philippe, s’était déjà dit ouvert, le 4 octobre, à des hausses de taxes spécifiques sur certains biens de luxe qui vont être exclus en 2018 du champ de l’impôt sur la fortune (ISF). Des hausses qui pourraient se concrétiser à la demande du président du groupe La République en Marche. à l'Assemblée.

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Alors que les députés LREM déposeront dans la semaine une centaine d’amendements au projet de budget 2018, dans un entretien à Ouest-France dimanche, Richard Ferrand estime que « des biens comme les yachts, les voitures de grand luxe ou les métaux précieux ne concourent pas à l’économie productive ». Et d’insister, « réintroduire des taxes sur ces valeurs n’est pas en contradiction avec l’esprit de la réforme et nous le faisons en accord avec le gouvernement pour un budget juste et efficace ».

Une taxe sur les yachts pour faire taire les critiques ?

Le député du Finistère dit porter « personnellement » un amendement visant à taxer, à raison de 30 à 200.000 euros par an, les résidents français propriétaires de bateaux de plus de 30 mètres. Cela permettrait de « dégager 10 millions, qu’il sera possible d’attribuer à SNSM (Société nationale de sauvetage en mer) », sans affecter selon lui la plaisance et le tourisme de luxe. « Je ne crois pas que quelqu’un en capacité d’investir plusieurs millions d’euros dans un yacht et plusieurs milliers d’euros pour son entretien annuel soit rebuté par cette taxe autrefois incluse dans l’ISF », explique-t-il. « Il me paraît normal que la très grande fortune de quelques-uns participe à la solidarité pour tous en contribuant à garantir plus de sécurité en mer. »

La suppression de l’ISF et notamment de la taxe sur les yachts, avait été très mal perçue par les Français. Certains, n'avaient pas manqué de souligner l’ironie de la situation sur Twitter.

Mais pas sûr que cette taxe soit la solution. Comme le soulignait le Premier ministre, très peu de ces navires de luxe sont encore immatriculés en France. « Pourquoi si peu ? Parce qu’ils sont partis. Donc qu’est-ce qu’on fait ? », objecte-t-il.

Les députés LREM proposeront par ailleurs de faire passer de 10 à 11 % la taxe sur la cession des matières précieuses, déjà appliquée lors de la vente de lingots, de bijoux ou d’objets d’art de grande valeur. Ils souhaitent également la création d’une taxe additionnelle, plafonnée à 8.000 euros, pour les voitures de grand luxe, à partir de 36 chevaux fiscaux.