Affaire des «écoutes»: Le parquet national financier demande l'ouverture d'un procès contre Nicolas Sarkozy

JUSTICE L'ancien chef de l'Etat est notamment soupçonné de «corruption», de «trafic d’influence» et de «recel de violation du secret professionnel»...

M.P.

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Nicolas Sarkozy , le 20 novembre 2016 à Paris.

Nicolas Sarkozy , le 20 novembre 2016 à Paris. — Eric FEFERBERG / AFP

Le Parquet national financier (PNF) viendrait de demander le renvoi de Nicolas Sarkozy devant le tribunal correctionnel, notamment pour « corruption », « trafic d’influence » et « recel de violation du secret professionnel » dans le dossier dit des « écoutes ».

« Un coup de tonnerre »

Le Parisien, qui évoque ce soir « un coup de tonnerre », assure qu’un an après avoir terminé leur enquête les juges ont également réclamé le renvoi en correctionnelle de l’avocat de l’ancien président de la République, Me Thierry Herzog, et de l’ex-premier avocat général près la Cour de cassation, Gilbert Azibert.

Selon le quotidien, le réquisitoire a été signé en milieu de semaine par Eliane Houlette, la procureure du PNF, et doit être notifié aux parties. Contacté ce vendredi, le PNF n’a pas répondu aux sollicitations du Parisien.

Sarkozy placé en garde à vue en juillet 2014, puis mis en examen

Pour rappel, en marge de l’enquête sur le présumé financement libyen de sa campagne présidentielle, les juges qui ont décidé de mettre l’ancien président sur écoute découvrent que Nicolas Sarkozy échange avec Me Thierry Herzog via une ligne secrète, notamment pour discuter de l’affaire Bettencourt [dans laquelle l’ex-locataire de l’Elysée a bénéficié d’un non-lieu].

Nicolas Sarkozy, qui semble un peu trop au courant de l’avancée du dossier Bettencourt, est alors soupçonné d’avoir tenté d’obtenir de Gilbert Azibert des informations couvertes par le secret dans la procédure sur la saisie de ses agendas.

>> A lire aussi : Ecoutes de Sarkozy: Lumière sur l'affaire qui embarrasse l'ancien président

Les juges avaient des raisons de croire que l’ex-chef d’Etat aurait proposé au haut magistrat de faciliter une promotion à Monaco en échange de renseignements. Nicolas Sarkozy avait alors été placé en garde à vue en juillet 2014, puis mis en examen. Une première pour un président.