Ce qu'il faut retenir du discours de Mélenchon: «La bataille n'est pas finie, elle commence»

MOBILISATION Le leader de la France insoumise a prononcé son discours devant des milliers de personnes place de la République...

L.Gam. avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon prononce un discours place de la République à Paris, le samedi 23 septembre, après un défilé contre la réforme du Code du travail, et plus largement contre le «coup d'Etat social» du gouvernement.

Jean-Luc Mélenchon prononce un discours place de la République à Paris, le samedi 23 septembre, après un défilé contre la réforme du Code du travail, et plus largement contre le «coup d'Etat social» du gouvernement. — Capture d'écran BFM TV

Avec comme point d’orgue la bataille contre la réforme du Code du travail par ordonnances, mise en place par Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise a rassemblé des milliers de personnes dans les rues de la capitale ce samedi, avant de terminer par un discours sur scène, devant quelque 150.000 sympathisants, selon les estimations de son parti, 30.000 d’après la police.

Comme à son habitude, Jean-Luc Mélenchon a harangué la foule massée place de la République, dans un discours des plus virulents qui a duré quelque 45 minutes, après le défilé en provenance de la place de la Bastille. Il en a fait « un signal d’une puissance extraordinaire au pays », assurant que bientôt il y aurait « un million à déferler sur les Champs-Elysées » contre cette réforme qui vise à accroître la flexibilité du marché du travail dans un pays miné par un taux de chômage de 9,6 %.

Sa lutte contre la réforme par ordonnances. « La bataille n’est pas finie, elle commence ! », a-t-il tonné, dénonçant «  un coup d’Etat social par la méthode de la brutalité » qui « pousse à un dumping social terrifiant » où « le contrat de travail ne serait plus une protection, mais une sorte de chiffon de papier ».

« Résistance, résistance », ont scandé les militants, venus de toute la France et portant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « On veut vivre, pas survivre » ou « Y’a rien de bon dans le Macron ». En amont de la manifestation, brièvement perturbée par des incidents provoqués par les militants radicaux du « black bloc », Emmanuel Macron avait affiché sa détermination en déclarant : « je crois en la démocratie, mais la démocratie, ce n’est pas la rue. »

« C’est la rue qui a abattu les rois, les nazis », lui a répondu M. Mélenchon. Drapé dans son écharpe tricolore de député, il s’en est pris directement au chef de l’Etat en dénonçant que « personne n’avait jamais parlé aux Français de cette façon, les traitant de fainéants, d’abrutis ».

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Poursuivre la bataille dans la rue. Si les ordonnances ont été publiées samedi au Journal officiel pour une entrée en vigueur immédiate, elles n’auront pas « force de loi » tant que le Parlement ne les aura pas ratifiées, a rappelé le chef de la file de la France insoumis.

D’ici ce passage à l’Assemblée, prévu en novembre, Jean-Luc Mélenchon « souhaite, avec les organisations syndicales, et nous sommes prêts à nous ranger derrière elles, une action forte et dense », en évoquant la possibilité de « déferler à un million sur les Champs-Elysées ». « On en a connu d’autres qui se disaient droits dans leurs bottes et à qui on a fini par leur faire retirer », a ironisé le député des Bouches-du-Rhône en allusion au retrait du plan Juppé en 1995.

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Appel à la mobilisation des étudiants et lycéens. « Dans les facultés, dans les lycées, dans les centres d’apprentissage, mettez-vous en mouvement », a interpellé le député des Bouches-du-Rhône. « Aidez vos parents, aidez la part de notre peuple qui est la plus en difficulté, qui a tant besoin de renfort », a-t-il poursuivi. « Soyez dignes de votre âge et de ceux qui vous ont précédés, sans lesquels vous ne seriez pas protégés par le droit du travail, sans lesquels vous continueriez à aller à l’usine en dessous de l’âge » actuellement prévu par le droit du travail, a-t-il ajouté.

Si les étudiants de l’Unef se sont joints à la manifestation du 12 septembre, à l’appel de la CGT, la jeunesse, dont les mouvements sont souvent craints par le pouvoir, ne s’est pas mobilisée jusqu’alors contre les mesures prises par Emmanuel Macron.