Jean-Luc Mélenchon est-il condamné à être l'éternel opposant du pouvoir?

INSOUMIS Bonne ou mauvaise stratégie, les débats sont vifs...

Nicolas Raffin

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Jean-Luc Mélenchon lors de la manifestation du 21 septembre 2017 à Paris.

Jean-Luc Mélenchon lors de la manifestation du 21 septembre 2017 à Paris. — ISA HARSIN/SIPA

Avant sa manifestation contre « le coup d’Etat social » ce samedi à Paris, Jean-Luc Mélenchon a vu son image décortiquée par un sondage Odoxa réalisé pour Le Figaro et Franceinfo. Si les personnes interrogées sont 66 % à juger qu’il ferait un « mauvais président », elles sont aussi 58 % à le trouver « proche des gens ».

« Jean-Luc Mélenchon est extrêmement clivant, analyse Gaël Sliman, président d’Odoxa. Il a une bonne image auprès des jeunes et des catégories populaires. Mais toutes les autres tranches d’âge au-delà de 35 ans et les catégories socioprofessionnelles aisées ont une opinion négative de lui ». Evidemment, le leader de la France insoumise divise aussi suivant l’affinité politique, en suscitant l’adhésion à gauche et le rejet à droite.

Le clivage, une bonne tactique ?

De quoi le cantonner à une éternelle fonction de tribun ? Pas si sûr, affirme Christian Delporte, historien et professeur à l’université de Versailles. « Ce sondage valide la stratégie de Jean-Luc Mélenchon d’apparaître comme le premier opposant à Emmanuel Macron, analyse-t-il. Il est clivant parce que c’est sa tactique pour s’imposer à gauche. La preuve, une majorité des sympathisants PS (52 %) le juge sympathique. Il rassemble les exaspérés, ceux qui n’ont plus de drapeau ».

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Pour l’historien, il est aussi peu surprenant que Jean-Luc Mélenchon n’apparaisse pas comme un « bon président » potentiel. « Si on avait posé la même question à propos d’autres hommes ou femmes politiques, je suis convaincu que l’on aurait eu le même taux de réponses négatives sur leur capacité à diriger le pays », affirme le spécialiste.

Agressif ou combatif ?

Autre motif de satisfaction pour le leader de la France insoumise : il est jugé « compétent » par un nombre grandissant de personnes (46 % contre 36 % en août 2016). « Il avait amélioré ses traits d’image pendant la campagne présidentielle, rappelle Gaël Sliman, mais son attitude à l’issue du 1er tour l’a desservi ».

Christian Delporte nuance cette analyse : « Quand vous voyez qu’une large majorité de sondés (68 %) le juge "agressif", il faut faire attention. Le terme n’a pas la même connotation suivant que vous êtes sympathisant de la France insoumise ou d’En Marche !. Si vous êtes proche de Jean-Luc Mélenchon, le terme pourra être synonyme de "combatif", et donc avoir un sens plutôt positif ». Etre dans le combat, c’est d’ailleurs tout le pari du chef de FI pour la manifestation de ce samedi.