Départ du Front national: Et maintenant, que va faire Florian Philippot?

POLITIQUE Voici les cinq scénarios possibles pour l’avenir de Florian Philippot, numéro 2 du Front national qui a annoncé quitter le parti…

A.-L.B.

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Florian Philippot

Florian Philippot — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Ça y est, c’est fini, Florian Philippot quitte le Front national. Le numéro 2 du parti, rétrogradé par Marine Le Pen, a décidé de quitter la formation dont il était l’une des personnalités les plus écoutées. Maintenant, que va faire le député européen ? 20 Minutes liste plusieurs pistes…

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Option 1 : Scénario à la Mégret, avec le départ de cadres emmenés par Philippot

Avec son association « Les Patriotes », Florian Philippot va-t-il marcher dans les pas  de Bruno Mégret, l’un des principaux dirigeants du FN qui a fait une scission en 1999 ? L’homme avait alors saigné le Front national, emportant nombre de cadres dans son Mouvement national républicain. A l’annonce du départ de Florian Philippot, ses partisans, dont la députée européenne Sophie Montel, le conseiller régional francilien Joffrey Bollée ou encore le comédien​ Franck de Lapersonne, ont annoncé quitter le FN.

Des départs qui n’ont pas ému les frontistes Nicolas Bay, secrétaire général du Front national, et Bruno Gollnisch, député européen. Les deux ont affirmé que « le Front national se remettra » du départ du numéro 2 du mouvement. « Je ne crois pas du tout que Florian Philippot entraînera avec lui beaucoup de cadres », a renchéri sur LCI Bruno Gollnisch, ancien vice-président du FN.

Option 2 : Florian Philippot disparaît du paysage politique

Le pronostic vient de Marine Le Pen. Invitée de Questions d’info LCP/Le Monde/AFP ce jeudi, la présidente du parti a estimé que le futur de Florian Philippot était synonyme de néant. « L’expérience m’oblige à constater que tous ceux qui ont souhaité mener une aventure solitaire ont disparu. Ça a été le cas de Bruno Mégret, de Carl Lang. Et je pense pouvoir vous dire que ce sera le cas de Florian [Philippot]. Et c’est la raison d’ailleurs pour laquelle je regrette son départ », a-t-elle affirmé.

Option 3 : Florian Philippot tente de réaliser l’union des droites « hors les murs »

Projet politique incarné par le maire de Béziers (élu grâce au soutien du FN) Robert Ménard, le polémiste Eric Zemmour, l’idéologue Patrick Buisson ou l’ancien candidat à l’élection présidentielle Philippe de Villiers, la « droite hors les murs » vise à réunir les conservateurs sociétaux et identitaires gravitant entre le FN et Les Républicains. Plusieurs personnalités, comme récemment le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan, œuvrent à ce projet aujourd’hui au point mort. Florian Philippot pourrait-il prendre les rênes de cette impulsion ? Le scénario paraît improbable : l’obsession identitaire et l’orientation libérale de cet archipel politique n’étant pas – du tout – les marqueurs politiques de Florian Philippot, qui se caractérise par ses inflexions étatistes.

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Option 4 : Florian Philippot rejoint un autre parti, et pourquoi pas La France insoumise de Mélenchon ?

Critiqué au FN pour son passé « chevénementiste », Florian Philippot a poussé Marine Le Pen à s’adresser aux électeurs des gauches radicales pendant la présidentielle. Et notamment à ceux sensibles au discours du chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Florian Philippot partant avec armes et bagages chez Jean-Luc Mélenchon ? « Non ! Non ! C’est un fasciste », a répondu l’intéressé ce jeudi sur RTL. Avant de faire un appel du pied aux électeurs frontistes : « Les gens qui étaient très fâchés et pas fachos, je leur dis maintenant : "Tournez-leur le dos [au FN] et venez avec nous, parce que, nous, on défend les salariés, et les autres aussi". »

Option 5 : Florian Philippot et Jean-Marie Le Pen, la réconciliation

Ce dernier scénario, avouons-le, paraît hautement improbable ce jeudi… Au Parlement européen où il siège, Florian Philippot va quitter les bancs frontistes pour rejoindre les rangs des non-inscrits. Parmi eux, il va retrouver Jean-Marie Le Pen, ennemi notoire de Florian Philippot qui l’a évincé du FN, même s’il garde la présidence d’honneur. Comme le note L’Opinion, on pourrait qualifier cette situation d’ironie du sort…