Front national: Marine Le Pen maintient Florian Philippot vice-président mais lui retire sa «délégation»

BISBILLES Le n°2 du Parti a refusé de quitter la tête de son association « Les Patriotes », comme le demandait la présidente du FN…

20 Minutes avec AFP

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Florian Philippot et Marine Le Pen, présidente du FN, le 10 décembre 2014 à Paris.

Florian Philippot et Marine Le Pen, présidente du FN, le 10 décembre 2014 à Paris. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Marine Le Pen a annoncé ce mercredi soir qu’elle maintenait vice-président du FN, Florian Philippot, qui a refusé comme elle le demandait de quitter la tête de son association « Les Patriotes », tout en lui retirant sa délégation de la stratégie et de la communication.

« Florian Philippot, sollicité par mes soins, n’a pas répondu à la demande de mettre un terme au conflit d’intérêts résultant de sa double responsabilité de vice-président du FN chargé de la stratégie et de la communication et de président de l’association politique « les Patriotes ». J’ai pris la décision de lui retirer sa délégation à la stratégie et à la communication. Sa vice-présidence sera, à compter de ce jour, sans délégation », a affirmé Marine Le Pen dans ce communiqué.

Florian Philippot campe sur ses positions

Interviewé quelques minutes plus tôt sur le plateau de CNews, le n°2 du parti a campé sur ses positions : « si on veut me démettre et m’empêcher de travailler à la refondation du FN, il faudra le faire. Je le regretterai amèrement ». L’eurodéputé a dénoncé à la télévision un « prétexte » au moment où, engagé dans un débat de « refondation » depuis la présidentielle, « le FN est en train de changer complètement de ligne, de faire un retour en arrière absolument terrifiant, qui affole des milliers de personnes ».

Au-delà du réel conflit de personnes, certains frontistes espèrent affaiblir les options idéologiques défendues par M. Philippot. L’élu de Grand Est est farouchement anti-euro et veut un discours portant aussi bien sur les questions sociales, sociétales que sécuritaires, quand d’autres sont plus libéraux économiquement et plaident pour un parti focalisé sur la lutte contre l’immigration et « l’islamisme ». Mais la sanction est aussi et surtout la suite logique de plusieurs mois de conflit croissant entre la présidente du FN et celui qui était jusque-là considéré comme son bras droit et son alter ego idéologique.

Dans l’entourage de Marine Le Pen, on mettait en avant mercredi soir le caractère « proportionné » de la mesure à l’égard du chef d’orchestre du « marinisme » depuis 2011, principale figure d’ouverture d’un parti qui a tenté ces dernières années de se « dédiaboliser » et obtenu des résultats électoraux croissants avant une présidentielle et des législatives 2017 pas à la hauteur de ses espérances.