C’était sa toute première prise de parole devant les Nations Unies. Le président français Emmanuel Macron s’est exprimé ce mardi en fin de journée devant l’Assemblée générale de l’ONU. Le chef de l’Etat, qui cherche à renforcer l’influence de la France sur la scène internationale, a notamment tenté de dissuader Donald Trump de quitter les accords de Paris sur le climat.

Devant un parterre de chefs d’Etat, il a clairement expliqué que l’accord de Paris « ne sera pas renégocié », tout en assurant que « la porte sera (it) toujours ouverte » aux Etats-Unis pour un retour dans l’accord. « Nous ne reculerons pas », a déclaré le président français, ajoutant qu’il respecte profondément la décision des Etats-Unis « et que « la porte leur sera toujours ouverte » mais que « les autres Etats continueraient à mettre en œuvre l’accord de Paris ».

« Les plus fragiles sont les premières victimes, mais nous sommes tous frappés par l’emballement du climat ». « Détricoter l’accord serait détruire un pacte entre les Etats et les générations », a poursuivi Emmanuel Macron, critiquant implicitement, mais sans le citer, le président Donald Trump qui a décidé le 1er juin de retirer les Etats-Unis de l’accord. Le chef de l’Etat a ensuite abordé d’autres grands sujets internationaux.

La Corée du Nord. Emmanuel Macron a évoqué le dossier nord-coréen. Le chef de l’Etat français a notamment estimé que «  Pyongyang avait franchi un seuil majeur dans l’escalade militaire ». Mais a affirmé être « défavorable à toute intervention militaire » en Corée du Nord.

L’accord iranien sur le nucléaire.  Dénoncer l’accord sur le nucléaire iranien, comme menacent de le faire les Etats-Unis, serait « une lourde erreur », a lancé le président français, tout en laissant la porte ouverte à des discussions pour prolonger la portée du texte après 2025.

« Notre engagement sur la non-prolifération a permis d’obtenir un accord solide, robuste, qui permet de vérifier que l’Iran ne se dotera pas de l’arme nucléaire. Le dénoncer aujourd’hui sans rien proposer d’autre serait une lourde erreur, ne pas le respecter serait irresponsable, parce que c’est un accord utile », a déclaré Emmanuel Macron.

Le « nettoyage ethnique » des Rohingyas. Le président français a également dénoncé le « nettoyage ethnique » contre la minorité musulmane des Rohingyas, dont plus de 400.000 ont fui la Birmanie ces dernières semaines pour se réfugier au Bangladesh.

« Les opérations militaires doivent cesser, l’accès humanitaire doit être assuré, et le droit rétabli, face à ce qui est, nous le savons, un nettoyage ethnique », a déclaré Emmanuel Macron qui s’exprimait pour la première fois devant l’Assemblée générale de l’ONU.

La situation en Syrie. Emmanuel Macron a aussi plaidé pour la création d’un groupe de contact sur la Syrie afin d’enclencher une nouvelle dynamique pour aller vers une solution politique au conflit. Le processus de négociations mené à Astana au Kazakhstan, par Moscou, Téhéran et Ankara, « ne suffit pas », a-t-il ajouté. Le groupe de contact voulu par la France intégrerait les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et « les parties prenantes » au conflit, a précisé Emmanuel Macron.

«Bachar al-Assad, c’est un criminel, il devra être jugé et répondre de ses crimes devant la justice internationale. Mais je n’ai pas fait de sa destitution un préalable, par pragmatisme », a ajouté le président français lors d’une conférence de presse, estimant qu’il revenait au peuple syrien « de choisir librement le dirigeant à venir ».