REVUE DE PRESSE – Les journaux français reviennent sur la tragi-comédie de Neuilly…
La zizanie électorale de Neuilly-sur-Seine,
qui voit la mise sur la touche de David Martinon par Jean Sarkozy, est au centre des éditoriaux de la presse française, lundi.
«Erreur de casting»
La manchette du «
Parisien-Aujourd'hui en France» évoque du «rififi dans le fief de Sarkozy», ville dont il a été le maire de 1983 à 2002. «Désormais, il y a le feu dans la maison Sarkozy, y compris dans la pièce principale, ce bon vieux fief de Neuilly-sur-Seine où le chef de l'Etat avait pesé de tout son poids pour imposer comme tête de liste son jeune porte-parole de l'Elysée, David Martinon», selon le journal. Et de poursuivre : «Mais Nicolas Sarkozy a rapidement compris qu'il n'avait plus le choix qu'entre deux inconvénients. Ou bien assumer le camouflet de l'échec désormais prévisible - et annoncé par les sondages - de son protégé. Ou sacrifier brutalement Martinon sur l'autel du réalisme politique, au prix d'une belle pagaille aggravant encore l'image de désordre au sein de la majorité. Le chef de l'Etat a opté sans états d'âme pour le lâchage de celui qui avait le tort, aux yeux de certains à l'Elysée, de passer pour le protégé de Cécilia Sarkozy.»
De son côté, «
Le Monde» parle même de «divorce» entre Martinon et le jeune Sarkozy. «
Libération» voit l'intervention du chef de l'Etat dans cette éviction à la suite de mauvais sondages. «Neuilly, où le prince n’a su imposer son candidat, David Martinon, le protégé de Cécilia Sarkozy (...) L’Elysée a dû intervenir en direct ce week-end pour que l’UMP ne perde pas Neuilly à cause de cette erreur de casting», affirme Didier Pourquery dans les colonnes du quotidien. Et de s’interroger: «Nicolas Sarkozy est-il en train de perdre la main?»
Dallas à Neuilly
Et le rocambolesque de la situation n’a pas échappé à la presse régionale qui se prend, elle aussi, d’intérêt pour la tragi-comédie de Neuilly. «David Martinon, parachuté candidat à la mairie de Neuilly par Sarkozy Nicolas, vient donc d'être largué par Sarkozy Jean et ses amis. Son fils faisant partie des "traîtres" (on n'ironisera pas sur les traditions familiales), le chef de l'Etat n'a pu, bon gré mal gré, que donner son accord à ce lâchage en pleine campagne», soutient Guilhem Bauquier dans «l'Union-L'Ardennais».
Michel Noblecourt dans «Midi Libre» estime que «M. Martinon aurait dû se méfier du renfort d'un fils du président, Jean Sarkozy, pour l'aider à se faire adopter par les Neuilléens». «Sarkoland s'est ainsi transformé hier en Sarkodallas, un univers impitoyable même pour des jeunes pousses sarkozyennes», poursuit-il.
Et les éditorialistes s'interrogent sur l'avenir du porte-parole. Dans le «Dauphiné Libéré», Didier Pobel, estime que «le porte-parole de l'Élysée n'était plus ce dimanche - une fois n'est pas coutume - que le porte-silence de lui-même». Et dans «Sud-Ouest», Frank De Bondt se fait plus précis: «désormais la seule question est de savoir si David Martinon a encore un avenir comme porte-parole du président». Même son de cloche pour le site du «Journal du Dimanche» pour qui «
les jours de Martinon à l’Elysée sont comptés».
Sandrine Cochard avec agence