Reconversion de François Fillon: Une exception parmi les anciens Premiers ministres?

EMPLOI Beaucoup d’anciens locataires de Matignon n’ont connu que la politique…

Nicolas Raffin

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Non, François Fillon (fan de sport automobile) n'a pas décidé de devenir le copilote de Sébastien Loeb (photographié ici en 2008).

Non, François Fillon (fan de sport automobile) n'a pas décidé de devenir le copilote de Sébastien Loeb (photographié ici en 2008). — HADJ/SIPA

Et maintenant, que va-t-il faire de tout ce temps ? Pour François Fillon, on a la réponse. L’ancien Premier ministre, battu au premier tour de la présidentielle après une campagne marquée par «  l’affaire Pénélope », a trouvé son point de chute. Il sera désormais associé chez Tikehau Capital, une société qui gère 10,3 milliards d’euros d’actifs.

Et les autres chefs de gouvernements, que sont-ils devenus ? Depuis 1958 et la création de la Ve République, 22 Premiers ministres se sont succédé à ce poste prestigieux, Edouard Philippe étant le dernier en date. 20 Minutes a passé en revue leur « seconde » vie, une fois leurs mandats terminés, ce qui exclut Alain Juppé et Manuel Valls, toujours élus, ainsi que deux autres personnalités : Pierre Bérégovoy, mort un mois après avoir quitté Matignon en 1993, et Georges Pompidou, décédé alors qu’il était président.

Ils ont pris leur retraite tardivement

Plusieurs anciens Premiers ministres ont continué à briguer des mandats jusqu’à un âge parfois très avancé. Ainsi Jacques Chaban-Delmas, maire de Bordeaux pendant plus de quarante-sept ans, prend sa retraite à 80 ans. Un âge auquel Michel Debré, ancien ministre gaulliste, décide lui aussi de partir en 1992 : il avait obtenu son premier mandat en 1948.

Pour sa part, Pierre Mauroy, grande figure du PS, quitte le Sénat en 2011,deux ans avant son décès. Raymond Barre dit adieu à l’Assemblée nationale en 2002, cinq ans avant sa mort. Quant à Maurice Couve de Murville, autre chef de gouvernement sous De Gaulle, il n’abandonnera le Palais du Luxembourg qu’à l’âge de… 88 ans.

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Ils ont continué la politique d’une autre manière

Pour beaucoup d’hommes politiques, il est difficile de décrocher totalement. Edouard Balladur, mis en examen dans l'affaire Karachi, a brièvement pris la tête en 2008 d'un comité pour réformer les collectivités territoriales. Michel Rocard, disparu en 2016, était devenu « ambassadeur des Pôles » après avoir quitté le Parlement européen.

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Ils se sont reconvertis dans le privé

Outre François Fillon qui va devenir associé, Dominique De Villepin a lancé sa société de conseil baptisée… Villepin International. Quant à Bernard Cazeneuve, éphémère locataire de Matignon, il est redevenu avocat  dans un prestigieux cabinet parisien. Enfin, le suspense demeure sur l’avenir de Jean-Marc Ayrault. L’ancien Premier ministre de François Hollande avait confié en février à Ouest France qu’il souhaitait « donner un retour d’expérience » via des cours ou encore s’engager dans la société civile.

Ils sont restés au service de l’État

On retrouve ici Lionel Jospin et Laurent Fabius. Le premier, candidat malheureux à la présidentielle de 2002, rejoint le Conseil constitutionnel en 2015. Un an plus tard, il est rejoint par son « camarade » socialiste, Laurent Fabius, qui devient président des Sages.

Ils ont fait autre chose

Après son départ de l’Elysée en 2007, Jacques Chirac (deux fois Premier ministre) a lancé sa fondation, avant de se faire de plus en plus discret, notamment en raison de son état de santé. Edith Cresson, seule femme Premier ministre, a elle aussi créé sa propre fondation.

Locataire de Matignon pendant la présidence Pompidou, Pierre Messmer prendra la tête de la fondation Charles-de-Gaulle avant d’être élu à l’Académie française. Enfin, impossible de ne pas mentionner Jean-Pierre Raffarin, qui deviendra chroniqueur politique sur France 2 à la rentrée.

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