REACTIONS - Qu'il soit jugé positif ou négatif, le plan banlieue de Nicolas Sarkozy a un écueil selon...
Les premières réactions à
la présentation par Nicolas Sarkozy de son plan banlieue ce vendredi étaient très partagées. Une seule constante parmi les associations et les élus de l’opposition: le regret que quasiment aucune mesure n’ait été chiffrée.
«Il n'a pas pu s'empêcher de faire le “Rambo”»
Du côté des associations, Mohammed Mechmache du
collectif AC le feu, a ainsi déploré que le président n’ait «pas parlé des moyens et de la méthode», tout en se félicitant que «plusieurs idées qui figuraient dans les doléances des quartiers que nous avions récoltées» aient été reprises, comme celles d'un contrat d'autonomie et que tous les ministres travaillent ensemble».
La présidente de
«Ni putes ni soumises», Sihem Habchi, a elle aussi «bien entendu la volonté réelle du président Sarkozy de casser» le mécanisme de l'exclusion mais «reste un peu sur sa faim parce que la question des moyens n'a pas été abordée».
«A part 500 millions pour les transports, il ne nous donne aucune indication sur les moyens», estime également
Aziz Senni, auteur de «L'ascenseur social est en panne... j'ai pris l'escalier». Pour le président de SOS Racisme,
Dominique Sopo, le seul «élément positif c'est la fin du discours de confrontation de Nicolas Sarkozy avec la banlieue. (...) A côté de ça, il y a beaucoup de “il faut” et il n'a pas pu s'empêcher de faire le “Rambo” en annonçant un renforcement des groupes d'interventions régionaux (GIR)».
«Une nouvelle dynamique»
Même son de cloche du côté des élus de l’opposition.
François Pupponi, maire PS de Sarcelles (Val-d'Oise), est sévère: «C'est une vraie déception (...). Il n'y a pas un euro pour la banlieue dans ce plan». Un peu plus mitigé, Claude Dilain, maire PS de Clichy-sous-Bois (Seine-saint-Denis), affirme lui aussi que «les moyens, on ne les connaît pas» et «sur la solidarité financière entre villes riches et pauvres (...), il a renvoyé ça à une espèce de commission».
Idem pour
Manuel Valls, député-maire PS d'Evry, selon lequel «c'est un discours très sécuritaire, caricatural, moraliste sur la banlieue», alors qu'il faut selon lui «de la continuité» et des «moyens financiers».
Interrogée sur France 2 sur l'absence de chiffrage de ce plan,
Fadela Amara, la secrétaire d'Etat à la politique de la Ville, a répondu que «ce n'était pas une question d'argent, le Président lance une nouvelle dynamique».
Satisfaction à droite
A droite, la question des moyens est éludée, au profit d’une «vision globale» qui tranche avec «un énième plan où s'alignent les chiffres et les mesurettes», selon le député UMP de Seine-et-Marne,
Yves Jégo. Le porte-parole de l'UMP, contacté par 20minutes.fr, insiste sur «l'interministérialité dans laquelle chacun est appelé à remplir son rôle». Quant au problème du financement, il le rejette du revers de la main: «ce n'est pas une question de milliars, c'est une question de volonté». Les écoles de la deuxième chance seront, par exemple, financés par les crédits de formation professionnelle, fait-il valoir.
«Les doléances des maires + la touche Sarko»
Même son de cloche pour le député maire du Raincy (Seine-Saint-Denis),
Eric Raoult, pour qui «ce n'est pas au président de la République de ventiler les crédits». Il estime à un milliard d'euros le coût du projet qui sera financé en grande partie par les collectivités territoriales. «Désormais, Fadela Amara a une feuille de route», se réjouit celui qui remercie la secrétaire d'Etat d'avoir tenu gré des remarques des élus de banlieue: «mettre la priorité sur les habitants et pas les bâtiments, développer les bonnes idées qui se pratiquent déjà», comme les écoles de la deuxième chance. «Reste la touche Sarko qui est de ne pas oublier la sécurité».
Xavier Lemoine, maire UMP de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), loue également «la philosophie générale de rompre avec l'assistanat». Autre raison de sa satisfaction: il aura enfin «son tramway»...
C. F. et A.S avec agence