EUROPE - Reste la signature formelle de Nicolas Sarkozy ou de François Fillon pour que la France soit le cinquième pays à l'avoir ratifié…
Un chapitre houleux du débat européen se tourne en France. Le Parlement a donné son feu vert, dans la nuit de jeudi à vendredi, à la ratification par la France du
traité européen de Lisbonne.
Un peu moins de trois ans après le «non» au référendum sur la Constitution européenne, qui avait donné un brutal coup d'arrêt au processus de rénovation institutionnelle de l'UE, l'Assemblée nationale puis le Sénat ont adopté à une forte majorité le projet de loi autorisant la ratification du traité. A l'Assemblée, le texte a été voté par 336 voix contre 52. Quelques heures plus tard au Sénat, le score a été de 265 voix pour, 42 contre et 13 abstentions.
Les fabiusiens s'abstiennent
Divisés sur la question, les parlementaires PS ont néanmoins retrouvé un semblant d'unité autour d'une majorité favorable au traité, mettant ainsi fin au «chemin de croix», selon l'expression du porte-parole du groupe à l'Assemblée, André Vallini. Les partisans de Laurent Fabius n'ont cependant pas pris part au vote.
Les communistes ont été unis sur le non alors que les quelques souverainistes de droite ont fait à l'Assemblée un dernier baroud d'honneur. Nicolas Dupont-Aignan (divers droite) a présenté une motion d'ajournement - rejetée - tandis que Jacques Myard (UMP) fustigeait «l'abandon de la souveraineté de la Nation».
«Un grand succès»
«C'est un grand succès. Toute la diversité s'est exprimée. Et nous avons besoin de cette diversité pour la construction de l'Europe», s'est félicité au palais Bourbon le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
Le calendrier était des plus serrés, avec révision préalable de la Constitution lundi, passage en Conseil des ministres mercredi, vote de l'Assemblée jeudi après-midi et enfin ultime feu vert au Sénat dans la nuit. Reste au traité européen d'être formellement ratifié par la France après la signature du texte par Nicolas Sarkozy ou François Fillon. Quatre pays, sur 27, ont déjà ratifié le texte, la Hongrie, la Slovénie, Malte et la Roumanie. La Slovaquie s'apprête à le faire.
La rapidité de sa ratification permettra à la France d'aborder plus facilement la présidence tournante européenne, qu'elle prendra en juillet.