VIDEO. Moralisation de la vie politique: On a suivi les députés pour leur dernier jour avant les vacances

HEMICYLCLE «20 Minutes» était à l’Assemblée ce mercredi pour la dernière séance de la session parlementaire extraordinaire, consacrée au projet de loi de moralisation de la vie politique…

Laure Cometti

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Illustration : l'Assemblée nationale.

Illustration : l'Assemblée nationale. — ERIC DESSONS/JDD/SIPA

  • La loi organique de moralisation de la vie politique a été adoptée ce mercredi.
  • Les députés ont deux semaines de vacances avant la rentrée.

Il pleut dans la cour du palais Bourbon. A l’intérieur, caméras et micros sont braqués sur les députés. On ne dirait pas comme ça, et pourtant, ce mercredi 9 août, la session parlementaire extraordinaire s’achève et les élus s’apprêtent à partir en vacances. Certains l’ont déjà fait. Pourtant, cette 33e et dernière séance est consacrée à la lecture définitive du projet de loi organique pour la confiance dans la vie politique.

Vacances ou pas ?

Loi organique oblige, une majorité absolue est nécessaire pour son adoption. Or quelques députés ont annoncé en début de semaine qu’ils seraient loin des bancs de l’Assemblée ce mercredi, après que la lecture définitive a été décalée, en vacances, comme Jean Lassalle (non inscrit), Eric Woerth (Les Républicains) ou Olivier Faure (Nouvelle Gauche), ou dans leur circonscription.

« Nous étions 200 à notre réunion ce matin », balaie le député Pacôme Rupin, « serein ». L’hémicycle est effectivement plutôt bien rempli : 319 députés sont enregistrés au début du vote des amendements et les différents groupes sont bien représentés. Trois heures plus tard, ils seront encore plus nombreux à voter, grâce aux procurations, les suffrages exprimés s’élevant à 486.

Une séance agitée

Pas de torpeur, malgré la « fatigue », en ce dernier jour de travail parlementaire : les présents se font entendre bruyamment. Pendant la séance des questions au gouvernement, Edouard Philippe est tantôt chahuté par l’opposition et applaudi par la majorité. « Il est revenu ! » « On l’a retrouvé ! » lancent les députés de droite lorsque Richard Ferrand, président du groupe La République en marche, prend la parole.

Après cet échauffement, la lecture définitive du texte a été longue et animée. « La suppression de la réserve parlementaire n’est qu’une mesure d’austérité drapée aux oripeaux de la vertu », tance Jean-Paul Lecoq, dont la motion de censure, soutenue par des députés de droite et de gauche, est rejetée.

Les vacances, « une coupure nécessaire »

S’ensuivent des échanges animés sur la fameuse réserve parlementaire, puis sur l’esprit général de la loi. Le texte est finalement adopté à la majorité absolue avec 412 voix pour, 74 contre et 62 abstentions. Les députés de la majorité y sont pour beaucoup : 308 députés LREM ont voté pour, sur un groupe de 314 élus et 46 MoDem ont voté pour, sur un groupe de 47. La majorité du groupe Les Républicains s’est opposée au texte, tandis que les 10 députés communistes et les 17 Insoumis se sont tous abstenus.

« Mission accomplie », comme l’a dit François de Rugy, le président de l’Assemblée : les députés LREM quittent l’hémicycle avec le sourire. « Les vacances vont nous permettre de faire une coupure nécessaire, de recharger les batteries », souffle Hervé Berville, porte-parole du groupe. Mais les congés des députés seront-ils vraiment reposants ? Cédric Villani (LREM) a « beaucoup de travail à rattraper, des préfaces qu' [il s’est] engagé à écrire », Pacôme Rupin (LREM) emporte « des lectures pas tout à fait étrangères au travail parlementaire », Alexis Corbière (La France insoumise) pense à la rentrée et à l’appel à la mobilisation contre la réforme du Code du Travail.

Les députés LREM partent même avec des lectures de vacances pour préparer l’examen du projet de loi de finance. Richard Ferrand leur a aussi fait distribuer le Manuel de survie à l'Assemblée nationale, de Jean-Jacques Urvoas et Magali Alexandre. Ils auront deux semaines pour potasser avant la rentrée prévue le 29 août prochain.