VIDEO. Mélenchon raille «l'ivresse des sommets» de Macron et appelle à un rassemblement populaire le 23 septembre

POLITIQUE Le président du groupe LFI à l’Assemblée a de nouveau dénoncé un « coup d’Etat social » du chef de l'Etat...

M.C. avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon, place de la République à Paris, n'a pas assisté au discours de Macron au Congrès.

Jean-Luc Mélenchon, place de la République à Paris, n'a pas assisté au discours de Macron au Congrès. — THOMAS SAMSON / AFP

  • Le chef de La France insoumise veut un rassemblement à Paris pour protester contre la réforme du Code du travail par ordonnances
  • Il a dénoncé le recadrage « inutilement humiliant » du chef d’état-major des armées par le président
  • Jean-Luc Mélenchon a aussi critiqué l’accueil de Donald Trump et Benjamin Netanyahou par Emmanuel Macron

Jean-Luc Mélenchon enclenche la vitesse supérieure dans l’opposition au nouveau chef de l’Etat. Le leader de la France insoumise a ironisé lundi sur « l’ivresse des sommets » qui a selon lui saisi Emmanuel Macron, illustrée notamment par la « mise en garde » adressée au chef d’état-major des armées. Il a dans le même temps annoncé l’organisation d’un « rassemblement populaire » le 23 septembre à Paris pour protester contre la réforme du Code du travail par ordonnances, dénonçant à nouveau un « coup d’Etat social ».

« Je propose que l’on fasse un rassemblement populaire le 23 septembre à Paris, c’est-à-dire d’un coup, on vient tous de toutes les zones de France pour dire "non, on ne se laissera pas faire, on ne lâche rien et on proteste contre le coup d’Etat social" », a déclaré Jean-Luc Mélenchon sur TF1.

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A cette réforme va s’ajouter l’application à partir du 20 septembre de l’accord de libre-échange avec le Canada (CETA), qui « va lui aussi dévaster le droit social », a-t-il poursuivi. « Donc, on a deux coups qui nous sont donnés, l’un par ordonnances, l’autre par un accord international, qui disloquent le droit social en France. Alors, les gens qui ne veulent pas se laisser tondre, leur devoir, c’est de manifester comme citoyen », a-t-il affirmé.

« Très grave faute politique »

Dans un texte intitulé « Jupiter déraille » publié sur son blog, le député des Bouches-du-Rhône a également jugé « préoccupants » les « signaux » envoyés par Emmanuel Macron et sa « méthode ». Le président du groupe LFI à l’Assemblée s’est notamment attardé sur le « recadrage » d’Emmanuel Macron au chef d’état-major Pierre de Villiers, dont la « violence » et le « caractère inutilement humiliant font réfléchir ».

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« Le général devait dire ce qu’il pense vraiment et sincèrement dans les mots qui lui paraissaient les plus adaptés pour décrire son état d’esprit », a estimé Jean-Luc Mélenchon, ajoutant, à propos des coupes budgétaires, que « la préoccupation qu’il exprime est trop délicate pour être seulement réglée par un rappel à l’ordre ». Soulignant que les militaires français étaient engagés sur « quatre fronts », Jean-Luc Mélenchon a ainsi qualifié de « très grave faute politique » de ne pas les « assumer » financièrement.

« Une définition essentialiste de notre pays totalement inacceptable »

Raillant l’accueil « insupportablement carnavalesque » réservé à Donald Trump à l’occasion du 14 juillet, Jean-Luc Mélenchon s’en est aussi pris à « l’invitation du chef du gouvernement d’extrême droite en Israël » Benjamin Netanyahou qui a, selon lui, « suscité des haut-le-cœur de tous côtés pour les raisons politiques que l’on comprend sans difficulté quand on n’est pas d’extrême droite ».

Dans ce cadre, Jean-Luc Mélenchon a vivement regretté qu’Emmanuel Macron ait déclaré que « la France est responsable de la rafle du Vel d’Hiv » en 1942. « Dire que la France, en tant que peuple, en tant que nation est responsable de ce crime c’est admettre une définition essentialiste de notre pays totalement inacceptable », a affirmé Jean-Luc Mélenchon en jugeant qu’il n’est pas du « pouvoir d’Emmanuel Macron d’assigner tous les Français à une identité de bourreau ».