Budget: Macron va tenter de calmer la grogne de l'armée contre les coupes

ARMEE Le président français doit se rendre ce jeudi soir au ministère de la Défense, très inquiet des coupes annoncées à la veille du défilé du 14-Juillet…

Oihana Gabriel

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Les repetitions de la Legion Etrangere, se sont deroulees sur l'avenue des Champs Elysees, Paris, France, le 10 Juillet 2017.

Les repetitions de la Legion Etrangere, se sont deroulees sur l'avenue des Champs Elysees, Paris, France, le 10 Juillet 2017. — SIPA

Il est attendu de pied ferme par les militaires en colère. Emmanuel Macron va rappeler jeudi soir au ministère de la Défense sa « priorité » accordée au budget des armées, a tenté de rassurer le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, alors les militaires s’inquiètent des 850 millions d’euros d’économies annoncés par Bercy pour 2017.

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Augmenter le budget de la Défense… mais pas tout de suite

« Je ne crois pas qu’il change d’avis d’ici ce soir, a assuré Castaner sur RMC et BFMTV. Par contre, il aura l’occasion de s’exprimer sur sa priorité (…) qui est de faire en sorte que le budget des armées pendant cette mandature soit en forte augmentation, parce que c’est nécessaire à sa modernisation », a poursuivi le porte-parole du gouvernement.

Emmanuel Macron doit assister dans la soirée à une réception au ministère des Armées en l’honneur des participants au défilé du 14-Juillet, selon les agendas de l’Elysée et de la ministre des Armées Florence Parly.

Le chef d’état-major menace de démissionner

Les économies de 850 millions d’euros demandées à la défense en 2017 provoquent une levée de boucliers à l’heure où les armées, surengagées, manquent de moyens et où la menace terroriste reste maximale. Au point que le chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers, a menacé de démissionner selon Les Echos. Lors d’une rencontre avec les députés mercredi, ce dernier, tout juste prolongé dans ses fonctions pour un an, a juré qu’il ne se laissera pas « baiser » par Bercy. A voir si Macron arrivera à rassurer et calmer les esprits ce jeudi soir.

Des moyens et des efforts demandés

Christophe Castaner a en tout cas tenté sur BFMTV d’apaiser un peu la grogne. « Ce qu’il fallait pour le ministre du Budget, c’est trouver 4,5 milliards, excusez-moi du peu, d’économies budgétaires. Tous les ministères y contribuent. Et sur certaines lignes du ministère des Armées, il y a la possibilité de décaler non pas des salaires, non pas la sécurité, non pas les militaires eux-mêmes, mais de décaler quelques commandes, sur du gros matériel par exemple, et c’est pour ça que nous avons identifié ces 850 millions », a expliqué le porte-parole du gouvernement.

« Une chose est sûre : même avec ce gel de 850 millions d’euros le budget de l’armée sera au même niveau que ce qui était prévu dans la loi de finances initiale qui a été votée. Donc il y a des moyens pour notre défense et notre sécurité, et il y a des efforts demandés », a-t-il dit.