Les propos d'Emmanuel Macron sur l'Afrique suscitent la polémique

AFRIQUE Le président français estime que le défi du continent est « civilisationnel »...

20 Minutes avec agences

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Emmanuel Macron au G20 de Hambourg le 8 juillet 2017.

Emmanuel Macron au G20 de Hambourg le 8 juillet 2017. — LUDOVIC MARIN / AFP

« Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. » Les propos tenus par Emmanuel Macron sur l' Afrique, le 8 juillet dernier, font réagir les réseaux sociaux, quelques semaines après avoir déclenché une vague d’indignation à la suite d’une plaisanterie au sujet des «  kwassa-kwassa ».

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La séquence a été isolée et diffusée sur Twitter par Politis. Elle connaît depuis un certain succès.

Lors du G20 à Hambourg, le président Français a évoqué la situation en Afrique, et a estimé que le défi du continent était « civilisationnel ». « Quels sont les problèmes ? Les États faillis, les transitions démocratiques complexes, la transition démographique qui est l’un des défis essentiel de l’Afrique », a-t-il énuméré lors d’une conférence de presse. Des propos jugés déplacés, voir racistes par certains internautes.

Certains médias étrangers qualifient cette déclaration de « raciste », comme le remarque le Huffingtonpost.

« Bien sûr, ce qu’a dit Emmanuel Macron est raciste », affirme dans un article le site américain Quartz. « Indépendamment de son intention, le mauvais choix du mot "civilisationnel" est, au mieux, maladroit, au pire, raciste », écrit le site Vox.

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« Le nouveau président français est-il raciste ? » s’interroge sans détour le média vidéo AJ +.

Le quotidien Libération estime pour sa part qu’il s’agit d’une « marotte ». Il souligne que, dans une  interview qu’elle avait accordée au journal en avril dernier, la politologue Françoise Vergès expliquait qu'« on rend les femmes du tiers-monde responsables du sous-développement ».

« En réalité, on inverse la causalité : la plupart des études prouvent aujourd’hui que c’est le sous-développement qui entraîne la surpopulation », ajoute l’auteure du livre Ventre des Femmes (Albin Michel). « La théorie de la surpopulation évite aussi de questionner le rôle du colonialisme et de l’impérialisme dans la pauvreté. Et ces discours visent, bien sûr, avant tout les femmes. »

D’autres facteurs 

Le Huffingtonpost souligne dans son article que le président français a également cité « d’autres facteurs de difficultés, qui ne paraissent pas dans l’extrait largement relayé sur Twitter ». Il a notamment pointé « la route des trafics, multiples, qui nécessitent des réponses en termes de sécurité (trafics de drogues, trafics d’armes, trafics humains, trafics de biens culturels) » ainsi que « le terrorisme islamiste ».