Finalement, Nicolas Sarkozy veut «donner une dimension politique» aux municipales

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Publié le 24 janvier 2008.

POLITIQUE - L'Elysée ne cesse de se contredire sur le sujet et semble mal à l'aise alors que la popularité en baisse du Président n'aide pas les candidats UMP…

Ambigu. En baisse dans les sondages, Nicolas Sarkozy ne semble plus savoir comment s'y prendre avec les municipales. Il s'était contredit une première fois mardi, à Pau, en affirmant qu'il ne souhaitait pas «se mêler de la campagne municipale». Plusieurs jours auparavant, lors d'une conférence de presse, il avait dit: «Bien sûr que je m'engagerai parce que le concept même d'élection dépolitisée est absurde.»

Nouvelle volte-face jeudi, si l'on en juge par les propos de son porte-parole de l'Elysée, David Martinon, lui-même candidat à Neuilly. Le chef de l'Etat «ne se mêle pas des élections municipales dans le détail parce que ce n'est pas son rôle. Pour autant, il ne cesse de le montrer tous les jours, pour lui, les élections municipales sont politiques, bien sûr, avec des enjeux locaux». «De toute manière, la lecture qu'en feront les Français au soir des municipales sera forcément politique et nationale. Donc le président entend donner une dimension politique à ces élections», a-t-il ajouté.
 
«Ces déclarations successives sont incompréhensibles», s'emporte le maire UMP de Vannes (Morbihan), François Goulard. «C'est qu'entre le moment où Nicolas Sarkozy pensait avoir une influence positive sur les élections et aujourd'hui, il s'est passé beaucoup de choses». Et de citer le rapport Attali qui «va nous mettre à dos les taxis, les notaires, les pharmaciens». Et qui «décrédibilise les candidats aux cantonales» puisqu'il prône la fin des départements.
 
«Le verre peut être à moitié plein et à moitié vide»
 
«Il n'y a aucune contradiction, défend au contraire Yves Jégo, porte-parole de l'UMP. Il n'y a aucun pas de deux du président de la République». «Il s'agit à la fois d'une élection à dimension locale et nationale, développe-t-il. Mais ce n'est pas parce que vous dites que le verre est à moitié vide et à moitié plein que vous ne parlez pas du même verre». Le député parle, lui, d'élections «localement dépolitisées et nationalement politisées». La preuve? Le refus des maires de gauche d'appliquer le service minimum à l'école montre que «la politique nationale s'insère dans chaque ville».
 
Une analyse que partage le député villepiniste Hervé Mariton, maire de Crest (Drôme). Qui pense néanmoins que «ce n'est pas le boulot de l'exécutif de s'investir dans la campagne». Mais le malaise est plus profond. A l'UMP, un responsable indique à 20minutes.fr que certains candidats se gardent bien d'afficher le logo UMP sur leur affiche de campagne afin que les enjeux locaux prévalent.
 
«Restera une question au lendemain des municipales. Comment interpréter les résultats des candidats de l'ouverture comme le socialiste Jean-Marie Bockel à Mulhouse?», se demande-t-on à l'UMP. Vous avez dit ambigu?
Alexandre Sulzer
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