Sur ce coup là, il aurait certainement mieux fait de se taire. Une plaisanterie d'Emmanuel Macron au sujet des «kwassa-kwassa», de frêles embarcations comoriennes qui selon lui ne servent pas à pêcher mais à «amener du Comorien» à Mayotte, suscite de vives réactions sur les réseaux sociaux.

Une vidéo diffusée vendredi soir sur TMC montre le chef de l'Etat en train d'échanger avec des officiels, lors d'une visite la veille au Centre régional de surveillance et de sauvetage atlantique (Cross) d'Etel (Morbihan). L'un d'entre eux évoque différents types d'embarcations: «Il y a des tapouilles et des kwassa-kwassa». «Ah non, c'est à Mayotte le kwassa-kwassa», relève alors Emmanuel Macron. «Mais le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c'est différent», plaisante-t-il. Après un bref silence, il ajoute: «Les tapouilles, c'est les crevettiers».

«Insensé», dénonce Duflot

Les kwassa-kwassa sont régulièrement utilisées par des migrants de l'archipel indépendant des Comores pour gagner Mayotte, devenu le 101e département français en 2011. Des décès sont à déplorer chaque année suite à des naufrages de ces frêles embarcations.

«Si Sarkozy président avait prononcé cette phrase face caméra, le tollé aurait été gigantesque. «Du» comorien. 12 000 morts. Et là... insensé», a réagi l'ex-ministre écologiste Cécile Duflot, sur Twitter.

«Blague douteuse» pour Morano

«Blague douteuse. Le 2 poids 2 mesures des journalistes. Si j'avais tenu ces propos ils auraient crié au «dérapage scandaleux, polémique»», a fait valoir sur Twitter la députée européenne LR Nadine Morano qui s'y connaît en matière de polémique.

«Président du Groupe d'amitié France-Union des Comores de l'Assemblée nationale, j'invite Emmanuel Macron à régler les problèmes locaux plutôt qu'à en rire», a déclaré le député PS de Seine-Saint-Denis, Daniel Goldberg, sur le réseau social.

Sur Twitter, la sortie du président Macron a suscité plusieurs réactions négatives.

Sollicité par l'AFP, l'Elysée n'avait pas réagi samedi soir. Au Lab d'Europe 1, l'entourage d'Emmanuel Macron a cependant reconnu une «plaisanterie pas très heureuse» et «malvenue». «Ce n'est pas parce qu'on dit que c'était pour rire qu'on n'a rien dit», a déclaré le chef de file LR pour les législatives, François Baroin, pour qui ces propos sont «choquants, encore plus quand on est président».