• Allons Enfants a été créé en 2014
  • Les membres du parti ont entre 18 et 25 ans
  • Le parti présente 58 candidats aux législatives

«Un parlementaire est en moyenne âgé de 66 ans et effectue son troisième mandat». C’est à partir de ce simple constat que Pierre Cazeneuve, étudiant à HEC, a eu l’idée en 2013 de fonder Allons Enfants, parti uniquement constitué de jeunes. Il prépare alors les municipales de 2014 à Saint-Cloud ( Hauts-de-Seine), la ville où il a grandi. A seulement 18 ans, il recueille plus de 15 % des suffrages, obtenant ainsi deux sièges au conseil municipal, qu’il occupe depuis en compagnie de l’une de ses jeunes collègues étudiantes, Morane Shemtov, 22 ans. Trois ans plus tard, Allons Enfants met la barre un cran plus haut, en partant à l’assaut de 58 circonscriptions à travers la France pour ces législatives.

Jeunes mais différents

Pour rejoindre Allons Enfants, une seule règle : avoir entre 18 et 25 ans. Une condition stricte, qui constitue l’ADN du parti. «La plupart des personnes qui prennent les décisions aujourd’hui ne seront plus là pour en constater les effets. Il n’y a pas plus légitime que les jeunes pour faire de la politique, parce que ça les concerne directement», se justifie Pierre Cazeneuve. «Nous sommes convaincus qu’aujourd’hui, les jeunes sont sous-représentés en politique, mais ce n’est pas du jeunisme. D’ailleurs, nous avons aussi des aînés, qui nous conseillent et nous apportent leur expérience».

L’autre marque du parti est la pluralité des sensibilités politiques, avec des membres qui «ont voté Jean-Luc Mélenchon pour certains, François Fillon pour d’autres», explique l’étudiant. «Notre but n’est pas de plaire à tout le monde, mais de se mettre d’accord sur des grands projets communs». Quand au nom du mouvement, il est une légère pique adressée au FN : «nous nous appelons Allons Enfants, nous chantons la Marseillaise, tout en étant ouvert sur le monde. LeFront national n’a pas le monopole du patriotisme».

Bon accueil sur le terrain

Et sur le terrain, l’accueil des nanterrois est plutôt positif. 20 Minutes a suivi Joey Robin et sa suppléante Elsa Faubert, candidats dans la quatrième circonscription des Hauts-de-Seine, lors d’un tractage à Nanterre. «C’est sympa, ça permet de donner la parole aux jeunes. Ça devrait être ça la politique», estime cette habitante du quartier. Certains tombent même sous le charme du mouvement, et seraient prêts à voter pour lui. «J’avais déjà fait mon choix, mais c’est vrai que ça fait du bien de voir des têtes aussi jeunes. Je vais peut-être même changer mon vote», souligne une électrice quadragénaire. Ou encore cette mère de famille : «Je ne suis pas allée voter à la présidentielle, les discours des politiques ne me parlent pas. Là, je trouve ça intéressant parce que ça concerne les jeunes, j’irai peut-être voter pour eux».

Reste à savoir si cet enthousiasme se traduira en bulletins dans les urnes. Pierre Cazeneuve espère arriver en troisième position dans sa quatrième circonscription des Hauts-de-Seine «devant le Front national et le Parti socialiste».

Un «Parti-Start-up»

A Allons Enfants, on veut faire beaucoup avec peu de moyens. Du coup, on se débrouille, on bricole pour exister, avec notamment une grosse communication sur les réseaux sociaux. Tout est produit en interne, assure Pierre Cazeneuve. Le parti a d’ailleurs lancé une campagne de crownfunding qui lui a permis de récolter 15.000 euros. A cela s’ajoutent «4.000 euros de cotisations. Nos dépenses, c’est les tracts, les bulletins de vote et les affiches. Chaque candidat dépense en moyenne 500 euros, soit cinquante fois moins qu’un candidat lambda» estime Pierre Cazeneuve. Par souci d'économie, ils n’ont pas imprimé de professions de foi.

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Une ligne politique nouvelle ?

Un parti jeune, transpartisan, géré à la façon d’une start-up, et qui compte «renouveler la classe politique»… Des qualificatifs qui ne sont pas sans rappeler La République en marche, le mouvement du nouveau président Emmanuel Macron. «C’est sûr qu’il y a des points communs, mais nous en avons aussi avec Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon, et voire même avec François Fillon. Nous allons par exemple beaucoup plus loin que Macron sur l’écologie et les réformes institutionnelles, thèmes que nous considérons comme primordiaux», explique le jeune chef de parti. C’est le défi auquel se confronte Allons Enfants : défendre une vision libérale et européenne, tout en voulant accorder plus de pouvoirs aux communes et renforcer la démocratie directe. A cela s’ajoute la grande importance accordée au numérique. Un projet ambitieux, «idéaliste», comme le définit lui-même Pierre Cazeneuve.

Prochain objectif pour Allons Enfants, les municipales de 2020, où il compte cette fois-ci investir «10.000 jeunes, dans un maximum de communes possible».