Gouvernement: Une parité en trompe-l’œil dans l'équipe d'Edouard Philippe

FEMMES-HOMMES Emmanuel Macron semble déjà avoir oublié quelques promesses…

Nicolas Raffin

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Sylvie Goulard, la caution européenne d'Emmanuel Macron.

Sylvie Goulard, la caution européenne d'Emmanuel Macron. — Michel CHRISTEN/ISOPIX/SIPA

Sur le papier, tout est parfait. Onze ministres femmes, onze ministres hommes, et le même équilibre pour les secrétaires d’Etat. Le premier gouvernement Philippe du quinquennat Macron, respecte, a priori, la parité. Du moins, du point de vue numérique. Car lorsqu’on regarde en détail les portefeuilles distribués, la lecture est complètement différente.

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Les quatre premiers ministres, dans l’ordre protocolaire, sont des hommes : Edouard Philippe (Premier ministre), Gérard Collomb, Nicolas Hulot, François Bayrou. Les trois derniers sont d’ailleurs les seuls à être « ministres d’Etat », un titre honorifique qui les distingue des autres membres du gouvernement.

Promesses brisées

Par ailleurs, pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait signé la charte de « Jamais Sans Elles », une association qui promeut la mixité. Cette charte engageait les candidats à « confier à des femmes des ministères régaliens », qui sont les postes les plus prestigieux (Défense, Justice, Intérieur, et dans une moindre mesure, Diplomatie et Economie). Or, une seule femme a hérité ce mercredi d’un tel poste :  Sylvie Goulard, nommée aux Armées.

Le nouveau président a également oublié une promesse faite il y a moins d’un mois : la création d’un ministère « plein et entier » des Droits des Femmes.

Un vœu pieux oublié ce mercredi. Le ministère annoncé est remplacé par un secrétariat d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes. C’est Marlène Schiappa, adjointe du maire PS du Mans et fondatrice de l’association Maman travaille, qui en hérite.

Dans un communiqué, l’association féministe « Les Effronté-e-s » estime que « rétrograder le ministère au rang de secrétariat d’État est un signal politique extrêmement négatif, rendant de fait la cause des droits des femmes moins importante que bien d’autres qui ont droit à des ministères, comme l’écologie ou la culture. »