Présidentielle: La visite d'Emmanuel Macron à Berlin pour voir Angela Merkel est-elle un passage obligé?

ELYSEE Emmanuel Macron fera sa première visite officielle en tant que chef de l'Etat à Berlin lundi après-midi, au lendemain de la passation de pouvoir... 

Dorian Debals

— 

Emmanuel Macron sera reçu par Angela Merkel ce lundi à Berlin.

Emmanuel Macron sera reçu par Angela Merkel ce lundi à Berlin. — AFP

  • Emmanuel Macron se rend à Berlin le lendemain de son investiture
  • Cette figure imposée pose question, estime un spécialiste
  • Le dialogue avec la chancelière allemande ne sera pas forcément apaisé

Aller à Berlin serrer la main d’Angela Merkel : la scène est désormais un classique du premier déplacement du président de la République Française. Si Nicolas Sarkozy et François Hollande y étaient allés le jour même de leur investiture, pour Emmanuel Macron ce sera le lendemain.

« Macron ne casse pas les codes »

Une figure imposée « au fur et à mesure » mais dont « on peut se poser la question de la validité aujourd’hui », explique Serge Cosseron, historien spécialiste de l’Allemagne. Les raisons ? « Une proximité économique et géographique » mais surtout un « affect historique », poursuit l’historien, pour qui finalement « Emmanuel Macron ne casse pas les codes. Car pour ce faire, il aurait dû aller à Bruxelles pour son premier déplacement ou recevoir le président de la Commission Européenne par exemple ».

>> A lire aussi : Passation de pouvoirs: Emmanuel Macron, Jour 1 de sa présidence

Cette tradition trouve son origine historique en 1963 selon Eileen Keller, spécialiste des relations France-Allemagne à l’Institut Franco-Allemand. « Depuis la rencontre entre Charles de Gaulle et Konrad Adenauer en 1963, les dirigeants allemands et français ont convenu que les chefs de gouvernements respectifs se retrouvent deux fois par an. Cela figure d’ailleurs dans le traité d’amitié franco-allemand, dit traité de l’Élysée ». Mais c’est véritablement sous la présidence de Jacques Chirac que le couple franco-allemand prend forme.

« Depuis, les deux pays leaders de l’Europe ont pris des décisions communes sur la guerre en Irak, la crise économique grecque et le conflit ukrainien », poursuit-elle. A la différence qu’à l’époque de Jacques Chirac, c’était le chancelier Helmut Kohl qui s’était déplacé à Strasbourg le 18 mai 1995 au lendemain de l’investiture de l’ancien maire de Paris.

Un signe d'« allégeance »

Si certains peuvent y voir un signe d'« allégeance » à la politique du pays le plus en forme économiquement de la zone Euro, Eileen Keller rappele qu'« il y a réciprocité » de l’autre côté du Rhin. En novembre 2005, Angela Merkel qui vient être élue chancelière pour son premier mandat se rend le lendemain à Paris où elle rencontre Jacques Chirac. « Maintenant cette rencontre est entrée dans les moeurs en Allemagne. On ne comprendrait pas qu’il y ait un autre choix, que ce soit de la part d’un nouveau président français ou d’un nouveau chancelier allemand », décrit Eileen Keller. Emmanuel Macron sera  le quatrième président de la République Française avec qui Angela Merkel aura à travailler. Avec, en perspective, un dialogue pas si appaisé, car les désaccords sont nombreux sur le fonctionnement de la zone euro.

>> A lire aussi : Présidentielle: Les quatre défis économiques qui attendent Emmanuel Macron