Edouard Philippe, maire du Havre, (LR), le 11 mai 2017 lors du lancement de la campagne des législatives dans sa commune.
Edouard Philippe, maire du Havre, (LR), le 11 mai 2017 lors du lancement de la campagne des législatives dans sa commune. - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Depuis que son nom circule pour le poste de Premier ministre du gouvernement Macron, le juppéiste Edouard Philippe, maire du Havre, est devenu le centre de toutes les attentions. Jeudi soir, dans un discours de lancement de la campagne des législatives dans sa ville, Edouard Philippe, se déclarant faussement étonné de la présence de plusieurs médias nationaux à cette réunion électorale, a fait remarquer que la « tradition » voulait qu’un président élu désigne un Premier ministre issu de sa majorité. « Aujourd’hui », a-t-il poursuivi, « on ne sait pas si le président de la République nouvellement élu va s’installer dans cette forme de tradition (…) ou s’il va transgresser », en s’affranchissant des règles habituelles.

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La transgression serait donc de le choisir lui, élu LR et proche d’Alain Juppé, comme chef du gouvernement. Appel du pied d’Edouard Philippe ou simple état de fait, le maire du Havre n’a en tout cas pas fermé la porte à Matignon.
« S’il choisit la tradition (…) nous regarderons cela avec respect mais avec distance », a-t-il poursuivi. « S’il transgressait, alors la situation politique serait nouvelle, parce que le fait politique serait nouveau, et je ne vois pas comment on peut répondre par avance à quelque chose qui n’a jamais été proposé », a-t-il ajouté, en se démarquant de la ligne majoritaire de LR.

Puis, le maire du Havre s’est lancé dans un discours de politique générale et internationale, en accord avec ce qu’avait défendu Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Si les deux hommes semblent être politiquement sur la même longueur d’onde, cette possible nomination à Matignon ne réjouit pas tout le monde. Avant qu’il ne parle, son prédécesseur à la mairie, Antoine Rufenacht, proche de Nicolas Sarkozy, avait souhaité que son dauphin ait « des responsabilités nationales mais après le 18 juin », date du 2e tour des législatives. Une façon de dire qu’il ne souhaitait pas qu’Edouard Philippe soit désigné dès lundi Premier ministre, jour annoncé par Emmanuel Macron pour rendre public le nom du chef du gouvernement.

 

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