C'est décidé, au moins pour les députés. Le groupe socialiste à l'Assemblée nationale a choisi ce mardi d'aller au congrès du Parlement à Versailles le 4 février et de s'abstenir sur la réforme constitutionnelle, préalable nécessaire à la ratification du traité de Lisbonne, a annoncé ce mardi son président Jean-Marc Ayrault. Un revirement total sur la position initiale de la direction du parti.
Revirement
Le député-maire de Nantes avait lui-même, le 8 janvier, annoncé le boycott du Congrès par les socialistes, provoquant de vives dissensions au sein du parti.
Le premier secrétaire François Hollande, après avoir initialement endossé cette position, avait ensuite souligné que les élus socialistes auraient sur cette question la «liberté de conscience».
«J'ai bien vu qu'elle (cette proposition) n'était pas majoritaire et consensuelle», a reconnu ce mardi Jean-Marc Ayrault à l'issue de la réunion hebdomadaire du groupe. Il a précisé que «68 députés socialistes présents se sont prononcés pour l'abstention, 30 pour le non et 8 se sont abstenus».
Motion référendaire
Les socialistes présenteront ensuite une motion référendaire (pour demander un référendum) lors de l'examen, le 6 février à l'Assemblée nationale, du projet de loi de ratification proprement dit du traité de Lisbonne. Ils voteront cette ratification respectant en cela «la décision majoritaire du PS de ratifier le traité».
Si «notre motion référendaire n'est pas retenue, ce qui est probable vu le rapport de force, c'est la majorité UMP qui prendra la responsabilité de ne pas consulter à nouveau le peuple français par référendum», a indiqué Jean-Marc Ayrault, avant de dénoncer les «nonistes», partisans de se rendre au congrès pour voter contre la révision.
«Certains pensent que si on rejetait la modification constitutionnelle, cela provoquerait un référendum. C'est inexact. Cela provoquerait une crise profonde qui ne déboucherait sur rien. Le traité de Lisbonne ne pourrait plus être soumis à ratification», a-t-il argumenté. «Nous ne prendrons pas la responsabilité au PS de provoquer une crise en Europe.»
Les divisions subsistent
Mais les divisions subsistent au sein du parti. Des partisans du «non» ont défendu leur position ce mardi matin lors de conférences de presse. Henri Emmanuelli a regretté cette décision, car, a-t-il estimé, «cela laisse les mains libres à Nicolas Sarkozy». «Moi, j'irai à Versailles et je voterai non», a-t-il ajouté.