En une semaine, «le plan extrêmement ambitieux» en faveur des banlieues annoncé par Nicolas Sarkozy s'est transformé en une «dynamique» aux contours encore très mal définis.
Repoussé à début février
Dans une tribune publiée dans «Le Monde» daté de mercredi, la secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara a déclaré que «ce n'est pas d'un plan que nos quartiers ont besoin», mais «d'une nouvelle dynamique».
Elle s'inscrit ainsi dans la foulée de sa ministre de tutelle, Christine Boutin qui, la veille, avait affirmé dans une interview à «La Croix» «ne pas croire en un plan banlieue».
Lors de sa conférence de presse de rentrée, le chef de l'Etat avait repoussé à «début février» sa présentation, promise d'abord par Fadela Amara pour fin 2007, puis annoncée pour le 22 janvier à Vaulx-en-Velin (Rhône) par le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez.Une source gouvernementale a expliqué que si le «plan» avait été repoussé à février par le président Sarkozy, c'était parce qu'il n'était pas «assez solide». En conséquence, a-t-on poursuivi, «le dossier a été repris en main par l'Elysée et Matignon».
Le Premier ministre François Fillon a ajouté encore à la confusion, lors de ses voeux à la presse, en se posant à lui-même la question: «Est-ce qu'il faut aujourd'hui un plan banlieue?». Avant de juger que «la réduction du chômage, la réforme de l'école primaire, la lutte contre l'immigration clandestine, la politique de la ville sont évidemment des éléments essentiels d'une politique d'intégration des quartiers». «Mais il n'en reste pas moins qu'une politique spécifique aux quartiers les plus défavorisés est absolument nécessaire», a-t-il insisté.
Un milliard d'euros tout au plus
En tout état de cause, il semble acquis que ce plan, «ciblé», ne devrait pas bénéficier d'une manne financière importante, après les déclarations de Nicolas Sarkozy faisant état de «caisses» de l'Etat «vides». Selon différentes estimations, il devrait être doté d'un peu moins d'un milliard d'euros.