VERBATIM - Et comment les autres l'ont pris...
En plus de deux heures, Nicolas Sarkozy s'est attaqué à un vaste nombre de sujets, parfois très différents les uns des autres. Revue de détail.
Sur la croissance
«Il faut changer notre instrument de mesure de la croissance».«
J'ai demandé à deux prix Nobel d'économie qui ont beaucoup travaillé sur ces questions d'accepter de conduire cette réflexion. Armatya Sen a accepté de m'apporter ses conseils et
Joseph Stiglitz de présider le comité d'experts.»
Sur les 35 heures
A la question «Souhaitez-vous que 2008 soit la fin, au moins réelle, des 35 heures?», Nicolas Sarkozy répond: «Pour dire les choses comme je le pense, oui».
Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux relations avec le parlement:
«Cela permettra à l'année 2008 d'être un grand débat sur les 35 heures».
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Sur son éventuel mariage avec Carla Bruni
«C'est du sérieux, mais ce n'est pas le JDD qui fixera la date (...) Il y a de fortes chances pour que vous l'appreniez quand ce sera déjà fait».
Sur les municipales
«Oui, je m'investirai dans la campagne. Je dois rester le ravi de la crèche à attendre? Je m'engagerai, parce que le concept même d'élection dépolitisée est absurde (...) Mais pour moi, le vrai juge de paix, c'est à la fin de mon quinquennat».
Sur un éventuel remaniement
«Ca, c'est sûr qu'un jour il y en aura un, mais pas maintenant».
Sur la réforme de la Constitution
«Je souhaite que le préambule de notre Constitution soit complété pour garantir l'égalité de l'homme et de la femme, pour assurer le respect de la diversité et ses moyens, pour rendre possible de véritables politiques d'intégration, pour répondre au défi de la bioéthique».
Dans un communiqué intitulé «Touche pas au préambule!», SOS Racisme s'est inquiétée mardi de la volonté du président Nicolas Sarkozy de faire figurer «le respect de la diversité» dans le préambule de la Constitution, y voyant des «logiques de discrimination positive basées sur la référence ethnique».
«Sous ce sympathique vocable et cette intention apparemment louable se dessine la mise en conformité de notre Constitution à des fins d'impulsion de logiques de discrimination positive basées sur la référence ethnique.»
Sur la politique d'immigration
«J'ai demandé (au ministre de l'Immigration) Brice Hortefeux d'aller jusqu'au bout d'une politique fondée sur des quotas».
Sur la réforme des juridictions compétentes dans le droit des étrangers
«Je souhaite qu'il n'y ait qu'une seule juridiction qui s'occupe du droit des étrangers».
Laurent Bedouet, le secrétaire général de l'USM: «Il faudra vraisemblablement une réforme de la Constitution» puisque «le Conseil constitutionnel a imposé cette dualité», entre justices administrative et judiciaire.
Sur les reconduites d'étrangers
«Messieurs Zapatero et Prodi m'ont demandé que la France, l'Italie et l'Espagne procèdent à des expulsions collectives».
Giuliano Amato, le ministre italien de l'Intérieur: «l'Italie ne procède à aucune expulsion collective; chez nous, les expulsions sont réglementées par la loi Bossi-Fini qui prévoit des mesures spécifiques d'expulsions, chacune motivée, concernant des individus en particulier et validée par l'autorité judiciaire. Nous prévoyons donc tout sauf la possibilité d'expulsions de masse ou de groupes.»
Sur l'hôpital
«On va en 2008 changer la gouvernance de l'hôpital de fond en comble parce que l'hôpital n'est plus gouverné».
Sur les banlieues
«J'irai en banlieue», «pas forcément à Vaux-en-Velin». «J'irai avec Fadela comme le Premier ministre y a été, et nous présenterons un plan extrêmement ambitieux au début du mois de février.»
Sur l'éducation
«En 2008, nous sélectionnerons les dix premiers grands projets de rénovation universitaire».
Sur Paris
«J'ai lancé la réflexion sur le Grand Paris», «je ne laisserai pas ce projet s'enliser, je ne laisserai personne le bloquer».
Sur les médias publics
«Je souhaite donc que le cahier des charges de la télévision publique soit revu, profondément, et que l'on réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques qui pourraient être financées par une taxe sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées et par une taxe infinitésimale sur le chiffre d'affaires de nouveaux moyens de communication, comme l'accès à Internet ou la téléphonie mobile».
Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions: «Cette clarification est aujourd'hui faite. Elle valide notre stratégie éditoriale. Elle va permettre de renforcer encore l'identité du service public, en confortant le travail mené depuis deux ans et que nous souhaitons amplifier».
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Pierre Koetschet